
Le déneigement au Québec est bien loin d’être une simple corvée hivernale. C’est une lutte constante contre les éléments, un défi de taille qui pèse lourdement sur les épaules de ceux qui en ont fait leur métier. Jean-Luc Sigouin, président associé de Sig-Nature, une entreprise de déneigement reconnue, tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de cette profession essentielle mais sous-estimée.
« Les villes grandissent, les demandes augmentent, mais nous avons de moins en moins de main-d’œuvre », explique-t-il lors d’une interview sur Noovo Info. Cette pénurie de personnel dans le déneigement est alarmante, surtout quand on considère que ce n’est pas un métier « envié ou enviable ». En effet, la dureté du travail et les conditions souvent précaires rendent le métier moins attrayant pour les nouvelles générations.
Cette réalité a été vécue de plein fouet par Emmanuel Monette, un ancien déneigeur. Après avoir dirigé son entreprise de déneigement pendant 12 ans, Monette a dû abandonner, épuisé par le stress et la pression constante. « J’étais ligoté 24/7 du 15 novembre au 15 avril », confie-t-il, soulignant le caractère imprévisible et exigeant de ce travail. Les longues heures d’attente, la pression de la clientèle et le manque de reconnaissance ont conduit à son épuisement professionnel et à une dépression.
Malgré ces défis, la profession est en pleine transformation. Annie Roy, directrice générale de l’Association des déneigeurs commerciaux et résidentiels du Québec, observe un « virage » dans l’industrie depuis trois ans. La pandémie a incité beaucoup de gens à repenser leur qualité de vie et leurs heures de travail. Dans ce contexte, le déneigement, avec ses horaires imprévisibles et ses exigences élevées, semble particulièrement difficile.
La situation est d’autant plus critique que les conditions météorologiques continuent de dicter le rythme de travail. Jean-Luc Sigouin résume bien cette réalité : « Il faut être prêt, peu importe la situation ».
Face à ces défis, il devient urgent de repenser l’industrie du déneigement au Québec. Il s’agit de valoriser le métier, d’améliorer les conditions de travail et de trouver des solutions innovantes pour attirer et retenir les travailleurs. La société québécoise doit reconnaître l’importance vitale de ces professionnels qui, malgré le froid et la fatigue, assurent notre sécurité et notre confort pendant les rudes mois d’hiver.











