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Contrôleurs routiers absents sur le terrain : un vide lourd de conséquences?

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Contrôleurs routiers absents sur le terrain : un vide lourd de conséquences?

Contrôleur routier en patrouille, et texte évoquant l'absence des contrôleurs routiers sur le terrain.

Un tragique accident survenu le 15 juin dernier à Baie-Saint-Paul a ravivé les inquiétudes liées à la sécurité routière dans Charlevoix et à l’absence de patrouille des contrôleurs routiers au Québec.

Une remorqueuse tirant un camion a violemment percuté une voiture immobilisée à un feu rouge avant de terminer sa course contre un immeuble, sur le boulevard Monseigneur-de-Laval.

Le conducteur de la voiture, grièvement blessé, a succombé à ses blessures.

Selon les témoins, la voiture, projetée dans le stationnement du commerce Électro Dan, a fini sa course contre des VTT. Un témoin a affirmé que les freins de la remorque étaient « en feu » au moment de l’accident, et une odeur de brûlé était encore présente à l’arrivée des secours. Les pompiers de Baie-Saint-Paul ont dû utiliser les pinces de désincarcération pour extirper la victime de l’habitacle.Annonce d'emploi de Soprema, à la recherche d'un Chauffeur-opérateur (grue).

Cet accident tragique survient alors que la région de Charlevoix est privée de bon nombre de contrôleurs routiers. Selon Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), une plus grande présence de ces agents sur le terrain pourrait aider à prévenir certains accidents. Sans dire que cette tragédie aurait pu être évitée, il rappelle que les contrôleurs jouent un rôle important pour la sécurité puisqu’ils vérifient l’état des freins, s’assurent que les charges sont conformes et que les véhicules sont sécuritaires avant de reprendre la route.

M. Daignault souligne que dans certains secteurs, la simple présence des agents incite les transporteurs à respecter les normes. Mais depuis un jugement du tribunal interdisant aux constables non armés de faire des patrouilles, leur champ d’action est sévèrement restreint. Résultat : plusieurs régions, dont Charlevoix, se retrouvent cet été sans aucun contrôleur affecté sur le terrain.

Le maire de Baie-Saint-Paul, Michael Pilote, a confirmé l’information lors d’une séance du conseil municipal, et déplore qu’en l’absence de surveillance, plusieurs camionneurs négligent des étapes essentielles comme le test de freinage en haut de la côte de Saint-Antoine. Il plaide pour la création d’un comité paritaire entre la Ville et le ministère des Transports afin de trouver des solutions concrètes à ce problème de sécurité publique.

L’absence de contrôleurs a également un impact économique. Selon la FCCRQ, les pertes pour l’État québécois pourraient s’élever à 12 millions de dollars par an en raison du nombre réduit d’interventions et de constats d’infraction.

Des correctifs exigés alors que la sécurité fait défaut

Depuis un jugement du Tribunal administratif du travail (TAT) rendu en mars 2025, les constables du contrôle routier ne peuvent plus effectuer d’interventions non planifiées, faute d’être équipés d’une arme de service. Jugés trop vulnérables dans certaines situations, ils ont été retirés des routes et confinés à des postes de contrôle fixes lorsqu’ils sont en fonction. Cette restriction limite fortement leur capacité à intervenir de manière proactive, notamment pour prévenir les surcharges, les problèmes mécaniques ou les comportements à risque.

Ce climat d’incertitude sur le terrain a mené récemment dix constables du bureau de Québec-Métro à exercer leur droit de refus, invoquant des conditions de travail dangereuses et des tâches qui s’apparentent à de la patrouille, sans qu’ils disposent de la protection nécessaire. La CNESST, appelée à intervenir, a reconnu plusieurs lacunes et imposé cinq dérogations à l’employeur. Parmi celles-ci : le remplacement de serrures défectueuses, une formation sur le repli stratégique, et la mise en place de protocoles d’urgence comme les boutons panique.

Le syndicat souhaite que ces mesures soient mises en place dans tous les postes de contrôle au Québec. Mais sur le terrain, les choses avancent trop lentement. Pendant que la SAAQ se perd dans ses scandales, ses démêlés juridiques et ses problèmes de gestion, les contrôleurs restent sans protection et des accidents graves continuent de se produire. Le drame de Baie-Saint-Paul nous rappelle que ces retards peuvent avoir des conséquences tragiques. Il ne s’agit plus seulement d’améliorer les conditions de travail, mais bien de sauver des vies.

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