
Alors que les agents de Contrôle Routier Québec expriment le besoin d’être armés face à l’escalade de la criminalité et qu’un sommet national sur la problématique du vol de véhicules a récemment été organisé à Ottawa, une situation pour le moins absurde se déroule dans les tribunaux. Malgré la gravité croissante de ce fléau, les ressources judiciaires semblent insuffisantes pour traiter efficacement ces affaires dans des délais raisonnables.
Trois hommes, James Rizk, Ali Trad et Obeida Borghol, âgés de 26 à 27 ans, ont été libérés de toutes charges liées au vol de voitures de luxe en raison de l’incapacité de l’État à respecter les délais de procédure judiciaire imposés par la Cour suprême. Cette décision survient malgré une enquête policière de plusieurs mois, impliquant une vingtaine de policiers, qui a mis en lumière un stratagème bien organisé pour dérober des véhicules haut de gamme.
Le juge Salvatore Mascia a souligné que les délais excédaient le plafond fixé par la Cour suprême, ce qui a conduit à l’abandon des accusations. Il a également pointé du doigt la gestion déficiente du dossier par la Couronne et les conflits institutionnels ayant contribué à l’allongement des délais.
L’enquête avait révélé que les accusés louaient des véhicules de luxe, y installaient des GPS et en faisaient des copies de clés pour ensuite les voler lorsqu’ils étaient loués par d’autres clients. Malgré la complexité de l’affaire et l’implication de la police de l’Ontario, le procès prévu en mai 2024 a été annulé, car il dépassait le délai de 18 mois fixé pour la tenue d’un procès.
Cette situation souligne le problème croissant du vol de véhicules au Canada, en particulier à Montréal, où plus de 90 000 véhicules ont été volés l’année dernière. Un sommet national sur le vol de voitures a récemment eu lieu, révélant une augmentation moyenne des primes d’assurance de 105 $ en raison de cette criminalité. La décision du tribunal met en évidence les défis auxquels sont confrontées les autorités judiciaires et policières dans la lutte contre ce fléau.
Cette dichotomie entre la volonté de renforcer la sécurité et l’incapacité à poursuivre les criminels met en lumière une faille préoccupante dans un système judiciaire qui semble incapable d’assumer les conséquences de ses propres lacunes.











