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Chauffeurs à rabais : Xavier Barsalou-Duval va sur le terrain à Brampton et ne lâche pas le dossier

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Chauffeurs à rabais : Xavier Barsalou-Duval va sur le terrain à Brampton et ne lâche pas le dossier

Xavier Barsalou-Duval à Brampton dénonce la problématique des chauffeurs à rabais et affirme que le dossier ne disparaîtra pas tant qu’il ne sera pas réglé.

Après des mois à dénoncer les dérives entourant les « chauffeurs à rabais » et certains modèles d’affaires dans le camionnage, Xavier Barsalou-Duval a voulu voir de ses propres yeux ce qui se passe dans la région de Brampton.

Le député de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères et porte-parole du Bloc Québécois en matière de Transports, d’Infrastructures et de Collectivités est revenu de cette visite avec un constat préoccupant.

En entrevue avec Benoit Therrien sur les ondes de Truck Stop Québec, il a décrit un secteur où l’ampleur du camionnage, la multiplication des cours de camions illégales et les problèmes d’aménagement donnent, à ses yeux, l’impression que les autorités peinent à garder le contrôle.

« On a l’impression d’étouffer, tellement qu’il y a des camions partout », a raconté Xavier Barsalou-Duval.
Capture d'écran de la vidéo réalisée par Xavier Barsalou-Duval sur son passage à Brampton.
Capture d’écran de la vidéo réalisée par Xavier Barsalou-Duval sur son passage à Brampton.

Invité sur place par le Caledon Community Road Safety Advocacy Group, un groupe citoyen qui milite pour la sécurité routière dans la région, il a visité plusieurs secteurs touchés par la multiplication de cours illégales de camions. Certaines seraient de petites installations improvisées, alors que d’autres accueilleraient des dizaines, voire des centaines de véhicules et de conteneurs.

Le député dit également avoir constaté à quel point le camionnage s’est imbriqué dans les secteurs résidentiels et agricoles. Des citoyens lui auraient expliqué que certaines cours sont aménagées sans autorisation, notamment sur des terres agricoles, plaçant ensuite les autorités devant le fait accompli. Selon ce qui lui a été rapporté, les municipalités, débordées par le phénomène, finiraient dans certains cas par accorder des statuts temporaires ou par tolérer ces installations.

Selon lui, la responsabilité est partagée entre les trois paliers de gouvernement. Il reproche aux municipalités un manque de contrôle dans l’aménagement et l’application des règlements locaux, à l’Ontario un encadrement insuffisant du transport routier, puis à Ottawa un manque d’application des règles, notamment en matière de Code canadien du travail et d’abus liés à l’immigration. Cette combinaison contribue à créer un climat où certains ont l’impression de pouvoir agir sans réelle conséquence.

« On ne sent pas que c’est un endroit où les règles et les lois s’appliquent vraiment », a-t-il affirmé.

Bien que le Bloc Québécois ait pour mandat de défendre les intérêts du Québec à Ottawa, son travail sur le dossier des « chauffeurs à rabais » trouve un écho auprès de citoyens ontariens et de groupes ailleurs au Canada qui vivent eux-mêmes les conséquences de certaines pratiques dans l’industrie.

Le Caledon Community Road Safety Advocacy Group avait d’ailleurs déjà témoigné devant le Comité permanent des transports de la Chambre des communes dans le cadre des travaux portant sur les problématiques du camionnage. Ces échanges ont fait émerger un terrain commun : d’un côté, des entreprises et des travailleurs québécois qui dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale, ainsi que des familles québécoises ayant perdu un proche dans des accidents impliquant des chauffeurs associés à ces pratiques; de l’autre, des résidents ontariens préoccupés par la sécurité routière et la prolifération de certaines installations illégales de camionnage.

Pour Xavier Barsalou-Duval, l’un des risques est maintenant de voir les modèles observés en Ontario prendre davantage d’ampleur au Québec.

« Une des raisons pour lesquelles je fais ça, c’est entre autres pour nos entreprises québécoises, que je veux voir continuer à vivre et à exister », a-t-il expliqué.

Il souhaite également empêcher que « ce phénomène-là se ramasse partout au Québec », et qu’il finisse par se généraliser à la grandeur du Canada, « d’un océan à l’autre ».

Le député bloquiste n’entend donc pas laisser le dossier disparaître de l’actualité. Il estime qu’après les témoignages entendus au Comité permanent des transports et les nombreuses dénonciations faites au cours des derniers mois, la pression politique doit se poursuivre.

« Il faut toujours avoir quelque chose, ça prend toujours une prochaine étape. C’est la seule manière, parce que si le dossier meurt et qu’on arrête d’en parler, ça va être la fin », a-t-il dit à Benoit Therrien.

Cette prochaine étape prendra la forme d’un documentaire consacré à la problématique des chauffeurs à rabais, actuellement en préparation. Aucune date précise de diffusion n’est encore annoncée, mais Xavier Barsalou-Duval vise l’automne.

L’objectif sera de rassembler dans un même document les témoignages, les informations diffusées dans les médias, les travaux parlementaires et les observations effectuées directement sur le terrain. Sa récente visite dans la région de Brampton servira justement à fournir des images permettant de montrer la réalité de certains secteurs, plutôt que de limiter le débat aux témoignages entendus dans les bureaux et les salles de comité.

« Une image vaut mille mots », rappelle-t-il.

Le documentaire reprendra également certains éléments d’une conférence qu’il avait déjà préparée sur les chauffeurs à rabais. Xavier Barsalou-Duval croit qu’en regroupant les différentes pièces du dossier, le public pourra mieux comprendre l’ampleur et la complexité du phénomène.

Il demeure particulièrement critique de la façon dont le dossier a été traité à Ottawa. Il estime que le ralentissement des travaux du Comité permanent des transports au printemps a contribué à faire perdre de la visibilité à l’enjeu. À ses yeux, il est essentiel de continuer à en parler afin d’éviter que la question disparaisse avec le temps.

« Je pense que les libéraux jouaient l’horloge en se disant : “Ça va mourir, on n’en parlera plus après l’été.” Le message qu’on va envoyer, c’est que ça ne mourra pas tant qu’on ne l’aura pas réglé », a-t-il lancé.

Écoutez l’entrevue complète :

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