[Vidéo intégrale de la conférence à la fin de l’article] Ce matin, trois voix majeures de l’industrie du transport se réunissent à Montréal pour une conférence de presse conjointe. L’Association du Camionnage du Québec (ACQ), l’Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ) et le Syndicat des Teamsters unissent leurs efforts pour demander une intervention rapide du Premier ministre François Legault dans le dossier préoccupant de « Chauffeur Inc. ».
Des conséquences graves pour l’industrie et la société
Lors de cet événement qui se tient à l’hôtel Holiday Inn & Suites de Montréal, les intervenants exposent les nombreux impacts négatifs de cette pratique illégale. « Chauffeur Inc. » repose sur une fausse classification des conducteurs comme travailleurs autonomes incorporés, alors qu’ils n’en remplissent pas les conditions. Ce stratagème, largement utilisé par des entreprises peu scrupuleuses, permet d’éviter les déductions à la source, les cotisations sociales et les normes du travail, au détriment de l’économie québécoise, de la sécurité routière et des droits des travailleurs.
François Laporte, président de Teamsters Canada, déclare :
« Les pratiques de Chauffeur Inc. exploitent des travailleurs vulnérables et créent une
concurrence déloyale, non seulement au Québec, mais aussi en Ontario, où des
travailleurs honnêtes en souffrent également. Il est crucial que le gouvernement ontarien
intervienne pour harmoniser les efforts avec le Québec et mettre fin à ce stratagème. »
Les représentants de chaque organisme décrivent les conséquences économiques, sociales et fiscales de cette pratique, tout en soulignant les impacts sur la sécurité et les conditions de travail des conducteurs.
« Les fraudeurs sont toujours plus nombreux à exercer leurs activités illégales en toute
impunité au Québec. Ils mettent en péril non seulement la santé économique de nos
entreprises, mais aussi la sécurité des usagers de la route. Il faut que le Gouvernement
Legault agisse plus rapidement et avec davantage de fermeté dans ce dossier d’intérêt
public », explique Marc Cadieux, président de l’ACQ.
Lors de la conférence, Réjean Breton de l’APDQ a souligné un problème criant lié au stratagème « Chauffeur Inc. » : des camions restent enlisés pendant des heures, voire plusieurs jours, faute de paiement garanti pour les services de dépannage. Selon lui, les remorqueurs locaux, confrontés à des factures impayées, refusent parfois d’intervenir, ce qui paralyse les véhicules et accentue les difficultés pour l’industrie du transport.
Le président de l’APDQ a également souligné les dangers environnementaux liés à ces situations. Lorsque des camions restent enlisés pendant de longues périodes, des réservoirs percés peuvent entraîner des fuites de carburant ou d’autres substances nocives. Ces délais prolongés avant une intervention aggravent les impacts environnementaux et mettent en évidence l’urgence d’agir pour éviter de tels incidents.
Il ajoute :
« Nos entreprises subissent des millions de dollars de pertes à cause de factures
impayées, et ce, tout en respectant leurs obligations légales. Les principaux demandeurs
de ces services de dépannage routier, la Sûreté de Québec et Contrôle Routier Québec
(SAAQ), étant des organes de l’État, l’APDQ demande au gouvernement d’établir un
mécanisme de garantie de paiement afin de protéger ces entreprises. »
Un appel à l’action immédiate
Les trois organisations demandent au Premier ministre François Legault d’agir rapidement pour mettre fin à ces pratiques et protéger l’intégrité de l’industrie ainsi que les droits des travailleurs. Ce ne sont pas directement les chauffeurs qui sont visés, mais bien les entreprises qui emploient le stratagème.
« En n’agissant pas, le gouvernement Legault permet la disparition de milliers d’emplois
syndiqués et bien rémunérés. C’est inacceptable. Nous devons protéger ces emplois qui
soutiennent les familles québécoises et l’économie de notre province » conclut Jean Chartrand, conseiller spécial de Teamsters Canada.