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Le chauffeur Baljeet Singh plaide coupable après trois ans de cavale

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Le chauffeur Baljeet Singh plaide coupable après trois ans de cavale

Le chauffeur Baljeet Singh (photo) plaide coupable après trois ans de cavale, en lien au carambolage survenu en 2022 sur l'autoroute 30.

Le chauffeur Baljeet Singh a comparu mercredi 15 avril 2026 et a plaidé coupable aux accusations portées contre lui dans le dossier du carambolage mortel survenu le 19 juillet 2022 sur l’autoroute 30, près de Brossard.

Cette comparution marque une étape importante dans une affaire qui a profondément bouleversé les proches des victimes et qui continue de soulever des questions sérieuses sur la capacité du système canadien à encadrer rapidement un conducteur impliqué dans un drame d’une telle ampleur.

Huit véhicules ont été impliqués lorsque le camion de 53 pieds conduit par Singh a percuté de plein fouet des automobiles presque immobilisées à l’approche d’une zone de travaux, malgré une congestion visible. Le tribunal a retenu qu’il roulait à vitesse importante au moment de l’impact. Nancy Lefrançois, 42 ans, et son fils Loïc, 11 ans, ont perdu la vie dans cette collision. Plusieurs autres personnes ont aussi été blessées dans ce carambolage.

Dans l’heure précédant le carambolage, Singh aurait consulté son téléphone cellulaire à au moins 18 reprises, passant d’une application à l’autre, composant manuellement des numéros et jouant même à des jeux en ligne. Il était aussi au téléphone au moment de l’impact.

L’enquête a également mis au jour 43 infractions au Code de la sécurité routière dans les heures précédant la tragédie, notamment un dépassement des heures permises de conduite, un repos insuffisant et des manœuvres erratiques entre les voies.

Tout indique qu’avec un temps de réaction normal, la collision aurait pu être évitée.

Après l’impact, le camionneur a été transporté à l’hôpital pour traiter un état de choc. Le lendemain, il obtenait son congé et achetait un billet d’avion pour quitter le pays à destination de l’Inde. Les autorités ont ensuite perdu sa trace pendant des années avant qu’il soit finalement localisé puis arrêté aux États-Unis.

Le combat de Mélanie Séguin pour fermer la brèche

Au début de janvier 2026, Mélanie Séguin, la belle-mère de Nancy Lefrançois, s’est rendue à Ottawa pour témoigner devant le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités, dans le cadre de l’étude sur l’évolution du camionnage au Canada. Devant les élus, elle a dénoncé le fait qu’aucune mesure immédiate n’ait empêché Baljeet Singh de quitter le pays après la collision.

Elle a soutenu qu’en pareil contexte, les documents de voyage devraient pouvoir être retenus temporairement le temps de l’enquête afin d’éviter qu’un suspect disparaisse avant même d’avoir à répondre de ses actes.

Mélanie Séguin a aussi rappelé qu’au moment des faits, Baljeet Singh faisait déjà face à une accusation de harcèlement criminel en Ontario. Cela rend encore plus incompréhensible l’absence d’intervention rapide pour empêcher son départ. Son témoignage a replacé le débat sur ce vide procédural qui peut exister au Canada entre un drame majeur et le moment où la justice impose enfin un véritable encadrement. Pour l’instant, les conclusions de cette étude parlementaire se font toujours attendre.

Même après le plaidoyer de culpabilité, le dossier n’est donc pas terminé. Ce qui reste à venir compte tout autant, soit la sentence et les suites que les gouvernements accepteront, ou non, de donner à ce drame. Car lorsqu’un homme au volant d’un mastodonte passe des heures à se distraire, joue sur son téléphone, accumule les infractions et finit par tuer une mère et son enfant dans une congestion pourtant visible, on ne peut plus parler d’un accident.

Au bout du compte, il ne faudrait jamais que cette affaire ramène toute l’attention au seul nom de l’accusé. Les noms qu’il faut garder en mémoire, ce sont ceux de Nancy Lefrançois et de Loïc. Ce sont eux qui rappellent pourquoi ce drame a tant bouleversé et pourquoi il ne doit pas être oublié. Et s’il doit ressortir quelque chose d’une telle tragédie, ce ne peut pas être seulement un plaidoyer de culpabilité. Il faut aussi des changements capables d’éviter qu’une autre famille traverse la même attente, la même douleur et le même sentiment d’abandon.

Image montrant la photo d’une mère et de son fils décédés dans un carambolage impliquant un camionneur sur l’autoroute 30, avec en arrière-plan une route remplie de camions. Le visuel porte la mention : « Tant que fuir reste possible, la justice reste illusoire pour les familles endeuillées. »

ashtelecall