Groupe Transwest

Home Nouvelles Le camionneur accusé de l’attaque au camion-bélier à Amqui avait une colère profonde envers l’État, selon le procureur

Le camionneur accusé de l’attaque au camion-bélier à Amqui avait une colère profonde envers l’État, selon le procureur

0
Le camionneur accusé de l’attaque au camion-bélier à Amqui avait une colère profonde envers l’État, selon le procureur

Le camionneur Steeve Gagnon, l'accusé dans l'attaque au camion-bélier à Amqui, photographié lors de son arrestation; en arrière-plan, la scène de l’accident sur le boulevard Saint-Benoît où trois piétons ont perdu la vie en mars 2023.

Le procès de Steeve Gagnon, ce camionneur de 41 ans accusé d’avoir volontairement fauché des piétons avec son véhicule à Amqui en mars 2023, s’est ouvert à Rimouski avec des révélations qui pourraient mettre en lumière les motivations alléguées et le contexte personnel de l’accusé.

Selon la Couronne, Gagnon aurait nourri une « hargne importante » envers les médecins et le gouvernement, dans un contexte de grande détresse personnelle et financière.

L’homme, résident du Bas-Saint-Laurent, aurait planifié son geste, ce que le ministère public entend démontrer au moyen de vidéos explicites tournées par Gagnon deux jours avant les faits.

Une attaque qui a bouleversé Amqui

Le 13 mars 2023, l’accusé aurait délibérément dirigé sa camionnette Ford F-150 vers des piétons marchant sur le boulevard Saint-Benoit. Trois hommes, Gérald Charest, 65 ans, Jean Lafrenière, 73 ans, et Simon-Guillaume Bourget, 41 ans, ont perdu la vie. Neuf autres personnes ont été blessées dans cette attaque qui a choqué la communauté d’Amqui et l’ensemble du Québec.

Gagnon fait face à trois chefs de meurtre prémédité et deux de tentative de meurtre. Il a plaidé non coupable et demeure présumé innocent pour le moment.

Selon la théorie de la Couronne, l’accusé aurait traversé le boulevard possiblement à trois reprises dans le but d’heurter un maximum de personnes, avant de faire demi-tour et revenir sur les lieux pour observer les victimes au sol. Il se serait ensuite rendu de lui-même au poste de police en déclarant aux agents : « Vous allez comprendre quand les appels vont commencer à rentrer. » Aucun bris mécanique n’a été constaté sur le véhicule, écartant la thèse de l’accident.

Un contexte personnel de plus en plus sombre

Camionneur de métier, Steeve Gagnon était au chômage au moment des faits. Il vivait une période difficile sans revenu stable, blessé au dos, et privé d’assurance-emploi à la suite d’un différend avec ses médecins en ce qui concerne la gestion de son arrêt maladie et la reprise éventuelle du travail. Il était en arrêt de travail pour maladie depuis la fin de l’été 2022.

Selon le témoignage de l’agente de la Sûreté du Québec, Émilie Ouellet, Gagnon a déclaré ne pas avoir pris sa médication pour le mal de dos depuis deux semaines avant l’attaque, faute de moyens financiers. Il a expliqué qu’il n’avait plus d’argent, car il n’avait plus droit au chômage. Cette interruption de traitement pourrait avoir eu un impact sur son état psychologique au moment des faits.

Vidéo de Steeve Gagnon, quelques heures avant le drame.

Des appels répétés d’agences de recouvrement s’étaient aussi accumulés. Le procureur de la Couronne, Me Jérôme Simard, évoque un cocktail explosif de frustration, de rejet du système médical et de ressentiment envers l’État. Le jury devrait voir des enregistrements où Gagnon explique vouloir « faire augmenter le code de sécurité à l’extrême » en frappant des piétons. Selon la Couronne, cela signifierait que Gagnon voulait provoquer une réaction forte des autorités ou de la société en posant un geste choquant afin de forcer une révision ou un durcissement des mesures.

La Couronne prévoit faire entendre environ 50 témoins, dont plusieurs personnes présentes lors de l’attaque. Le procès, présidé par le juge Louis Dionne de la Cour supérieure, devrait s’échelonner sur près de deux mois. En attendant, la communauté d’Amqui reste marquée par cette tragédie, espérant que la justice fera toute la lumière sur les événements et les motivations de l’accusé.

Lire plus : 

Une contrôleuse routière de CRQ attaquée par un conducteur

ashtelecall