
Une nouvelle réglementation fédérale visant certains camionneurs immigrants entre officiellement en vigueur aujourd’hui aux États-Unis, marquant une nouvelle étape dans le resserrement des règles dans l’industrie du camionnage.
La mesure pourrait entraîner la disparition progressive de près de 200,000 permis de conduire commerciaux (CDL) au fil des renouvellements.
La règle adoptée par le département américain des Transports empêche désormais plusieurs catégories d’immigrants temporaires (demandeurs d’asile, réfugiés et bénéficiaires du programme Deferred Action for Childhood Arrivals DACA, un programme qui protège de l’expulsion certaines personnes arrivées illégalement aux États-Unis lorsqu’elles étaient enfants), d’obtenir ou de renouveler un permis de conduire commercial.
Les conducteurs qui possèdent déjà un CDL ne le perdront pas immédiatement, mais ne pourront plus le renouveler lorsqu’il arrivera à expiration, ce qui pourrait graduellement réduire leur présence dans l’industrie.
Selon la Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA), les immigrants représentent environ 5% des détenteurs de permis de camionneur aux États-Unis, soit près de 200,000 conducteurs. Dans un secteur où le roulement de personnel demeure élevé et où plusieurs entreprises ont de la difficulté à recruter, cette décision pourrait modifier l’équilibre de la main-d’œuvre, selon certains analystes.
Selon ces analystes, la réduction possible de la main-d’œuvre pourrait se refléter dans les coûts de transport, ce qui pourrait éventuellement avoir un effet sur les prix payés par les consommateurs.
Le gouvernement américain justifie la mesure par des préoccupations liées à la sécurité routière et à la vérification des antécédents de conduite à l’étranger. Les autorités soutiennent que l’historique de conduite de certains conducteurs venant de l’extérieur du pays ne peut pas toujours être vérifié de manière adéquate.
Certaines organisations contestent toutefois la réglementation devant les tribunaux, affirmant qu’il n’existe aucune preuve démontrant que les conducteurs immigrants sont davantage impliqués dans les accidents et que la mesure cible des travailleurs autorisés à travailler légalement aux États-Unis.
La règle qui entre en vigueur aujourd’hui s’inscrit dans une série de changements plus larges dans le secteur du camionnage américain depuis 2025 :
- Application plus stricte de l’exigence d’anglais lors des inspections routières, ce qui aurait déjà mené à la mise hors service d’environ 9,500 camionneurs en 2025.
- Projet visant à exiger que les examens CDL soient administrés uniquement en anglais.
- Opération contre les écoles de conduite non conformes, avec près de 3,000 centres de formation ayant perdu leur accréditation fédérale et plusieurs autres placés sous surveillance.
- Projet de loi à l’étude au Congrès visant à resserrer davantage les conditions d’accès au permis CDL et à limiter l’accès pour certains conducteurs étrangers.
- Projet de loi pour pénaliser les transporteurs qui embauchent des chauffeurs non qualifiés ou inadmissibles, tout en obligeant les États à vérifier le statut légal et l’identité des conducteurs dans les bases de données fédérales avant de délivrer un permis CDL.
- Responsabilité plus grande des entreprises de transport, qui peuvent déjà être sanctionnées si elles permettent à un conducteur sans permis valide ou non admissible d’opérer un camion, avec des pénalités pouvant atteindre environ 10,000$.
- Opérations nationales d’inspection pour retirer les conducteurs non conformes, dont l’opération SafeDRIVE, qui a mené au retrait d’environ 2,000 conducteurs ou véhicules lors d’une seule campagne menée dans plusieurs États.
- Lutte contre les transporteurs “caméléons”, ces entreprises qui ferment après des sanctions de sécurité puis rouvrent sous un autre nom pour continuer leurs activités, avec l’objectif de renforcer les vérifications et les audits fédéraux pour bloquer cette pratique.












