
Trois présumés passeurs et 44 migrants ont été interceptés dans la nuit de samedi à dimanche près de Stanstead, en Estrie, alors qu’ils tentaient de franchir la frontière canado-américaine de manière illégale à bord d’un camion cube.
L’opération, qualifiée d’historique par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), s’est déroulée alors que l’organisme faisait déjà face à une importante affluence en raison des retours des vacances de la construction.
Les migrants, incluant des hommes, des femmes et des enfants, étaient entassés à l’arrière du camion sans ventilation adéquate. Selon le directeur du district frontière Est de l’ASFC, Miguel Bégin, c’est la première fois en 25 ans qu’il est témoin d’une tentative d’entrée massive de cette ampleur. Il souligne que l’intervention rapide à proximité de la frontière a probablement évité des conséquences sanitaires plus graves pour les personnes transportées.
C’est la Gendarmerie royale du Canada (GRC), chargée de surveiller les zones entre les points d’entrée, qui a effectué l’arrestation, avec le soutien logistique de la Sûreté du Québec pour le transport des migrants vers le poste frontalier de Stanstead.
Une fois sur place, l’ASFC a procédé au traitement initial des demandes d’asile, pendant qu’une enquête était ouverte contre les trois individus soupçonnés d’avoir organisé cette entrée illégale. Ces derniers ont été formellement accusés d’avoir facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière de personnes au pays, en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), ainsi que pour une infraction à la Loi sur les douanes. Ils demeurent en détention jusqu’à leur comparution prévue le 6 août.
En raison de la capacité restreinte du poste de Stanstead, la majorité des migrants ont été redirigés vers le centre de traitement régional de Saint-Bernard-de-Lacolle. Chaque dossier sera étudié individuellement.
Une dizaine de personnes, ne répondant pas aux critères d’exception prévus par l’Entente sur les tiers pays sûrs, ont déjà été renvoyées aux États-Unis.
Cette action s’inscrit dans un contexte national de recul du nombre de demandes d’asile. À la fin juillet 2025, on en comptait 22,237 à l’échelle canadienne, comparativement à plus de 41,000 à pareille date en 2024. Au Québec, la baisse est également marqué, avec 14,874 demandes, contre 22,337 l’an dernier.
L’ASFC rappelle que toute personne impliquée dans l’organisation de passages illégaux s’expose à de lourdes conséquences, incluant des accusations criminelles, des amendes, une peine d’emprisonnement et un casier judiciaire.











