
Dans le monde du transport, les véhicules lourds sont souvent sous les feux de la rampe lorsqu’il s’agit de la dégradation des routes. Les experts en génie civil sont formels : bien que les camions représentent une minorité sur nos routes, leur impact sur l’état des chaussées est majeur.
Alan Carter, un spécialiste en génie civil à l’École de technologie supérieure (ÉTS), souligne un fait étonnant : même si les camions ne constituent qu’une petite partie du trafic routier, ils sont responsables de presque toute l’usure des routes. Le poids d’un camion, comparé à celui d’un véhicule léger, joue un rôle déterminant dans cette usure.
Aux États-Unis, l’Association américaine du camionnage (ATA) a mené une étude révélant qu’un poids lourd cause en moyenne 2000 fois plus de dommages qu’une voiture. Cette réalité, bien qu’évidente pour les spécialistes, est souvent négligée dans les études de coûts de la mobilité, notamment au Québec.
Les études québécoises sur les coûts de la mobilité, qu’il s’agisse de Québec ou de Montréal, omettent souvent de prendre en compte l’impact des poids lourds. Cette omission donne une image incomplète de la situation réelle. En ignorant le rôle crucial des camions dans l’usure des routes, ces analyses sous-estiment les coûts réels supportés par la société.
Si les véritables coûts engendrés par le passage des poids lourds ne sont pas pleinement intégrés dans nos politiques d’entretien et de construction routière, les budgets alloués et les solutions mises en place risquent de demeurer insuffisants. Par ailleurs, une étude menée par l’Institut français des sciences et technologies des transports souligne que les microfissures causées par les camions lourds finissent par s’élargir avec le temps, ce qui accélère la dégradation des routes.
Les poids lourds, bien qu’essentiels à l’économie, laissent des traces profondes sur nos routes. Cependant, négliger des éléments cruciaux dans la planification et les budgets de nos infrastructures laissent certainement des traces sur l’avenir de nos routes et de notre économie!
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