Alain Bédard, dirigeant de TFI International, souligne que la mauvaise catégorisation des chauffeurs pose un sérieux problème pour les entreprises et les travailleurs du secteur, particulièrement dans un contexte économique tendu. Il décrit le phénomène du « chauffeur inc. » comme un véritable fléau pour le milieu du camionnage, permettant à certains acteurs peu scrupuleux de profiter indûment d’un avantage compétitif.

Lors d’une conférence avec des analystes, Bédard a exprimé sa frustration face à la perte de volume d’affaires due à une concurrence injuste exacerbée par une économie en berne. Il a déploré l’inaction face à cette situation critique qui sévit au Canada.

Le terme « chauffeur inc. » fait allusion à une classification inappropriée des employés en tant que travailleurs indépendants, les privant ainsi de protections et d’avantages sociaux essentiels. Cette pratique, considérée comme illégale et risquée, prive les travailleurs de droits fondamentaux comme la couverture en cas d’accident du travail, les heures supplémentaires, les congés payés, ou encore les indemnités de fin de mission.

Malgré certaines initiatives d’Ottawa pour contrer ce problème, les acteurs du secteur appellent à des actions plus concrètes pour endiguer une crise qui s’aggrave, nuisant à la rentabilité des entreprises et au bien-être des travailleurs dans un domaine déjà marqué par des marges faibles et des horaires contraignants.

Bédard critique le fait que des entreprises tirent un avantage concurrentiel de cette situation sans offrir les avantages dus à leurs chauffeurs, un problème qui persistera tant que des mesures significatives ne seront pas prises par les gouvernements à Ottawa, Québec, ou Toronto.

Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère du Travail, a indiqué se concentrer sur une démarche éducative pour éliminer ces pratiques abusives, prévenant que les employeurs récidivistes seraient sanctionnés. L’Association du camionnage du Québec a présenté des propositions législatives et rencontré des officiels, soulignant l’impact financier considérable de cette problématique sur les contributions étatiques.

Des audits ont révélé une sous-déclaration significative des revenus des chauffeurs, témoignant de la prévalence de cette mauvaise classification. Les autorités ont renforcé les contrôles et les sanctions dans certaines régions, mais des voix s’élèvent pour réclamer des pénalités plus lourdes afin de dissuader ces pratiques déloyales, particulièrement préjudiciables aux nouveaux arrivants au Canada.

Des mesures budgétaires ont été annoncées pour améliorer la protection des travailleurs et combattre la classification erronée, et l’Agence du revenu du Canada a initié des campagnes éducatives ciblant les pratiques fiscales spécifiques aux « entreprises de prestation de services personnels » afin d’orienter les futures actions de conformité.