La nouvelle taxe en Allemagne, qui entrera en vigueur en décembre 2023, va modifier les tarifs de péage pour les camions, avec un coût total de 34,8 cents par kilomètre. Cette somme inclut des frais pour l’utilisation de l’infrastructure, la génération de bruit, l’émission de substances nocives, et surtout, un composant clé pour les émissions de CO2.

En plus de ces frais, une taxe spécifique de 200 euros par tonne de CO2 sera appliquée aux véhicules de plus de 3,5 tonnes, conformément aux directives de l’UE pour réduire les émissions de carbone. Cette mesure entraînera une augmentation de près de 86% des coûts de péage pour la plupart des véhicules, reflétant l’effort de l’Allemagne pour promouvoir la transition vers des véhicules respectueux de l’environnement, mais suscitant également des inquiétudes quant à son impact économique sur le secteur du transport.

Selon un article de Laure Savasta sur ‘relations-internationales.net’, l’industrie du transport routier en Europe est confrontée à des défis significatifs avec cette nouvelle taxe sur les camions diesel. Cette taxe vise à encourager la transition vers des camions électriques mais est perçue comme problématique pour plusieurs raisons. L’effort pour imposer la propulsion électrique dans le transport est comparé à l’« effet Havava » ou à un « second Cuba », où les transports traditionnels sont maintenus malgré des alternatives plus écologiques. Cette transition précipitée soulève des questions sur ses bénéfices réels.

Les initiatives visant à électrifier l’industrie automobile sont critiquées pour leurs motivations idéologiques plutôt que pragmatiques. Ces efforts, bien qu’ayant pour but de protéger l’environnement, peuvent parfois être contre-productifs et nuire aux individus, à l’économie, et même à la nature. Les réactions des activistes environnementaux ne prennent pas toujours en compte les contre-arguments et les effets secondaires négatifs de ces mesures, notamment sur l’industrie automobile allemande.

La taxe sur les camions diesel pousse les entreprises vers des camions électriques, qui sont environ 2,5 fois plus coûteux que leurs homologues diesel. Cette augmentation de coût est difficilement supportable tant pour les petites que pour les grandes entreprises. L’augmentation des coûts de transport, due soit au maintien des camions diesel soit à l’acquisition de camions électriques, sera répercutée sur les consommateurs. Il est estimé que cela pourrait augmenter le coût de la vie d’une famille moyenne de 300 euros par an.

Les transporteurs s’inquiètent de l’augmentation des coûts et de la viabilité à long terme des camions électriques, notamment en termes de durabilité des batteries et de l’adéquation des modèles disponibles pour les longs trajets. Ces préoccupations mettent en évidence l’absence de solutions claires et pratiques pour le secteur. De plus, les revenus générés par cette taxe ne seront pas investis dans l’amélioration de l’infrastructure pour les véhicules électriques, mais plutôt dans les chemins de fer, soulignant ainsi les priorités politiques du gouvernement allemand.

Il est craint que sous la pression de passer à l’électrique, l’industrie du transport routier se retrouve avec un parc de camions vieillissant, s’accrochant aux modèles à combustion interne. Cela pourrait conduire à ce que l’on appelle « l’effet Havane », où les anciens véhicules sont maintenus en service plus longtemps que prévu.

L’article de Laure Savasta met en lumière que la hausse des coûts de transport se répercutera sur les prix des biens, affectant le pouvoir d’achat des consommateurs et ayant peu d’effet positif sur l’environnement ou le marché des transports. Ces points soulèvent des questions importantes sur l’équilibre entre les objectifs environnementaux et les réalités économiques du transport routier, en particulier dans le contexte de la transition vers des véhicules électriques.