
Dans un contexte où plusieurs transporteurs cherchent encore à pourvoir des postes de chauffeurs, le recrutement ne dépend plus uniquement du salaire offert ou du nombre de camions disponibles.
La rapidité des suivis, la réputation de l’entreprise et la transparence des offres peuvent désormais faire toute la différence.
Selon des données publiées par Randall Reilly, plusieurs candidats quittent le processus avant même d’avoir parlé sérieusement avec un recruteur. Dans bien des cas, les mêmes erreurs reviennent d’une entreprise à l’autre.
1. Croire que la réputation de l’entreprise est acquise
Une entreprise de transport peut avoir été très respectée pendant plusieurs années sans que cette réputation demeure automatiquement intacte.
Avant de soumettre leur candidature, 71,8% des chauffeurs discuteraient d’abord avec d’autres conducteurs afin de connaitre leur expérience auprès d’un transporteur. De plus, 58% seraient prêts à reconsidérer une entreprise ayant une mauvaise réputation seulement si un autre chauffeur la recommandait personnellement.
Les discussions dans les relais routiers, sur les réseaux sociaux et dans les groupes privés peuvent rapidement influencer la perception d’un employeur. La réputation doit donc être entretenue continuellement, autant auprès des employés actuels que des candidats potentiels.
2. Répondre trop lentement aux candidats
Lorsqu’un chauffeur cherche un nouvel emploi, il communique souvent avec plusieurs transporteurs en même temps. L’entreprise qui répond rapidement possède donc un avantage important.
Les flottes les plus performantes répondraient à plus de 86% des appels, alors que la moyenne des autres entreprises se situerait davantage autour de 55%. Une réponse offerte dans les dix premières minutes réduirait fortement les risques de perdre un candidat.
Même si plusieurs chauffeurs se disent prêts à attendre deux ou trois jours, ce délai représente généralement la limite maximale. Pendant ce temps, un autre transporteur peut déjà avoir commencé le processus d’embauche.
3. Miser sur les mauvaises tendances technologiques
L’intelligence artificielle occupe une place grandissante dans les stratégies de marketing. Toutefois, elle ne représente pas encore un outil privilégié par la majorité des chauffeurs qui cherchent un emploi.
Seulement 4% des conducteurs auraient déjà utilisé une plateforme d’intelligence artificielle pour trouver un poste, tandis qu’une forte majorité affirme ne pas connaitre certaines plateformes populaires.
Cela ne signifie pas que l’intelligence artificielle est inutile en recrutement. Elle pourrait plutôt servir à répondre rapidement aux questions, à qualifier des candidats ou à assurer un premier contact lorsque les recruteurs ne sont pas disponibles.
4. Ne pas répondre au téléphone
L’un des problèmes les plus simples à corriger demeure également l’un des plus coûteux : les appels sans réponse.
Près de 76% des chauffeurs abandonneraient un processus de recrutement après une seule mauvaise expérience téléphonique. Plus de 45% auraient déjà renoncé à une occasion d’emploi parce que personne n’avait répondu à leur appel.
Les candidats ne demandent pas nécessairement un service complexe. Ils souhaitent surtout pouvoir parler rapidement à une personne capable de répondre clairement à leurs questions.
5. Présenter une offre qui ne correspond pas à la réalité
Une offre d’emploi peut parfois devenir plus attrayante au fil des communications. Un salaire est arrondi, le nombre de milles est présenté de manière optimiste ou certaines conditions sont mal expliquées.
Le problème apparait lorsque le candidat découvre, pendant l’orientation ou lors de ses premières semaines, que la réalité ne correspond pas à ce qui avait été annoncé.
Environ 83% des chauffeurs auraient abandonné une entreprise lorsque l’orientation ne respectait pas les promesses formulées pendant le recrutement. Le salaire et le kilométrage figurent parmi les principales sources de déception.
Une annonce qui ne précise pas la rémunération risque également d’être ignorée. La vaste majorité des chauffeurs souhaite connaitre les conditions salariales avant même d’entreprendre une démarche.
6. Recruter sans s’appuyer sur des données à jour
Les attentes et le profil des chauffeurs évoluent, mais certaines entreprises continuent de bâtir leurs campagnes de recrutement à partir d’anciennes perceptions du marché.
Par exemple, saviez-vous que…
Les chauffeurs longue distance représenteraient aujourd’hui 44% de la population de conducteurs, comparativement à 58% il y a une dizaine d’années? Par ailleurs, 71% des chauffeurs se diraient prêts à accepter une rémunération moins élevée en échange de davantage de temps à la maison.
Ces données montrent l’importance pour les transporteurs de bien connaitre les priorités actuelles des candidats avant de déterminer les conditions et les arguments mis de l’avant dans leurs offres d’emploi.
Une stratégie fondée sur des informations dépassées risque de ne plus correspondre à ce que recherchent les chauffeurs.
7. Limiter les façons de soumettre une candidature
Certaines entreprises exigent une demande d’emploi complète dès le premier contact. D’autres privilégient uniquement les appels téléphoniques. Cette rigidité peut toutefois faire fuir plusieurs candidats.
La moitié des chauffeurs préféreraient remplir un formulaire court et adapté au téléphone mobile. Près de 70% effectueraient également une recherche sur Google avant de communiquer avec une entreprise.
Les transporteurs ont donc avantage à offrir plusieurs portes d’entrée : formulaire rapide, téléphone, texto, site Web clair et possibilité de poursuivre la démarche plus tard.
Avec un ratio moyen pouvant atteindre 42 candidats potentiels pour une seule embauche, chaque étape compliquée ou inutile réduit les chances de trouver la bonne personne.
Un recrutement plus humain et plus transparent
Les difficultés de recrutement ne sont pas toujours causées par un manque de candidats. Elles peuvent aussi provenir d’un processus trop lent, trop compliqué ou mal adapté aux réalités des chauffeurs.
Répondre rapidement, présenter des conditions exactes, écouter les priorités des conducteurs et faciliter les candidatures constituent des mesures relativement simples. Elles peuvent pourtant améliorer considérablement la capacité d’une flotte à attirer des chauffeurs et, surtout, à conserver leur confiance.












