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Guerre au Moyen-Orient : L’Iran riposte en s’attaquant au pétrole

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Guerre au Moyen-Orient : L’Iran riposte en s’attaquant au pétrole

Camions brûlés devant un incendie au Moyen-Orient et camion au diesel dans une station-service, illustrant l’impact de la guerre Iran–États-Unis sur le pétrole et le transport routier.

La guerre au Moyen-Orient continue de faire trembler le marché du pétrole et d’inquiéter l’économie mondiale.

Le point névralgique de la crise demeure le détroit d’Ormuz. Depuis l’intensification des hostilités, le trafic y est pratiquement paralysé. Des navires ont été visés par des attaques et l’Iran affirme vouloir empêcher tout pétrole destiné aux États-Unis, à Israël et à leurs alliés de franchir ce passage.

Cette situation bloque environ 15 millions de barils de pétrole par jour. Le commandement militaire iranien prévient que le monde doit se préparer à un pétrole pouvant atteindre 200$ le baril.

Plusieurs sources indiquent que l’Iran aurait commencé à poser des mines navales dans le détroit d’Ormuz, ce qui a rapidement provoqué une réaction militaire américaine. Selon le commandement militaire des États-Unis, 16 navires iraniens utilisés pour ces opérations ont été détruits lors de frappes ciblées. Le minage d’un détroit représente une escalade majeure sur le plan maritime, puisqu’une seule mine peut endommager ou immobiliser un pétrolier, ce qui peut suffire à perturber complètement le trafic dans une voie essentielle pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

La guerre ne se limite plus à des affrontements militaires classiques. Plusieurs infrastructures énergétiques ont été frappées dans la région, dont tout juste des installations de stockage pétrolier à Oman, sans compter des installations en Arabie saoudite et d’autres sites liés à la production et au transport de pétrole et de gaz. Ces attaques visent directement la logistique énergétique mondiale. Lorsque les ports, raffineries et terminaux pétroliers deviennent des cibles, ce n’est plus seulement un conflit régional. C’est l’ensemble de l’approvisionnement mondial en énergie qui est menacé.

Face à cette situation, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé une mesure exceptionnelle. Les 32 pays membres ont accepté de libérer environ 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques, la plus grande intervention de ce type jamais réalisée. L’objectif est de calmer les marchés, limiter la flambée des prix et d’éviter une crise énergétique mondiale. Malgré cette décision, plusieurs analystes rappellent que la véritable solution reste la réouverture sécuritaire du détroit d’Ormuz, car aucune réserve stratégique ne peut compenser durablement la fermeture d’une route maritime aussi importante.

Depuis le début du conflit, les marchés pétroliers restent extrêmement volatils. Le prix du pétrole Brent a bondi jusqu’à près de 120$ le baril avant de redescendre autour de 90$, au gré des déclarations politiques et des développements militaires. Les prix de l’essence et du diesel ont déjà commencé à grimper. Aux États-Unis, le prix du diesel se situe maintenant autour de 4,80$ le gallon, une hausse d’environ 28% depuis le début du conflit. Si les frappes et les perturbations continuent, plusieurs analystes estiment que le diesel pourrait atteindre le record historique de 5,82$ le gallon, datant de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Crise énergétique et économie mondiale

Lorsque le diesel grimpe aussi rapidement, les entreprises doivent absorber le choc avant que les surcharges carburant ne soient ajustées dans les contrats. Les petites flottes et les transporteurs indépendants sont particulièrement vulnérables, car la hausse du prix à la pompe affecte directement leur liquidité. Dans certains cas, des transporteurs pourraient même choisir de stationner leurs camions plutôt que de rouler à perte.

« Ces dernières années, malgré les incitatifs et les encouragements des gouvernements pour réduire notre consommation de produits pétroliers, on n’a pas fait de progrès au Québec, au Canada, dans notre consommation de produits pétroliers. On continue à consommer autant de diesel », explique le professeur au HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, sur les ondes de Truck Stop Québec.

« En fait, le diesel a augmenté ces dernières années, légèrement, et l’essence a très légèrement diminué. Mais grosso modo, on n’a pas fait les efforts de transition énergétique que le gouvernement voudrait qu’on fasse, autant dans le transport de marchandises que dans le transport personnel. On a au contraire ajouté des camions. »

Si certains transporteurs quittent temporairement le marché parce que le carburant devient trop cher, la capacité de transport disponible diminue. Moins de camions disponibles signifie généralement des tarifs plus élevés sur le marché.

« Si ça perdure, ça va forcément avoir un impact sur l’économie », partage également M. Pineau. « Parce qu’on a encore une économie qui carbure aux hydrocarbures, à l’essence et au diesel, et il va y avoir une hausse des prix qui va se répercuter un peu partout. »

Toutefois, selon certains experts mondiaux, la hausse des prix du carburant a aussi un effet secondaire important. Lorsque les consommateurs paient plus cher pour l’énergie et l’essence, ils ont tendance à dépenser moins ailleurs. Moins de consommation signifie dans certains cas moins de marchandises à transporter.

À plus long terme, la crise énergétique pourrait également alimenter l’inflation mondiale. Certaines analyses voient déjà la possibilité que l’inflation américaine remonte autour de 3,5% d’ici la fin du printemps, à cause de la hausse des coûts du transport et des produits alimentaires. Pour le secteur du camionnage, cela signifie un environnement encore plus instable, où les coûts d’exploitation augmentent pendant que la demande de transport pourrait ralentir.

En résumé, le conflit au Moyen-Orient est en train de transformer une crise militaire en choc énergétique mondial. Les attaques sur les infrastructures pétrolières, la fermeture du détroit d’Ormuz et la flambée des prix du diesel touchent directement le transport routier et toute la chaîne d’approvisionnement.

Si la situation ne se stabilise pas rapidement, selon les experts, l’industrie du camionnage pourrait se retrouver au cœur d’une nouvelle crise énergétique.

ashtelecall