La CNESST vient de rendre publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à un conducteur de véhicules lourds de l’entreprise Eddy Fugère le 11 février 2021, à Saint-Basile.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, le travailleur devait conduire un camion semi-remorque chargé de matières sèches à l’entreprise Ciment Québec inc. et procéder à son déchargement. Une fois à destination, il devait immobiliser le camion près d’un convoyeur, actionner le plancher mobile de la remorque et s’assurer que la matière sèche y soit déversée. Alors que le déchargement était en cours, le travailleur s’est rendu dans la cabine du véhicule, a appuyé sur une commande afin d’arrêter le plancher mobile et a désactivé le frein de stationnement. Il est ensuite sorti de la cabine. Alors qu’il se trouvait sur la structure du camion semi-remorque, ce dernier s’est mis en mouvement. Le superviseur de Ciment Québec a remarqué le déplacement inhabituel du véhicule, s’est rendu sur les lieux et a découvert le travailleur étendu au sol. Il a alors appelé les secours, et le travailleur a été transporté à un centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Cause de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir la cause suivante pour expliquer l’accident :

  • Lors du déplacement inattendu de son camion semi-remorque, le travailleur, qui se situait sur le véhicule, a chuté au sol et s’est retrouvé dans la trajectoire des roues de la semi-remorque, qui l’ont écrasé.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné à Eddy Fugère inc. et à Ciment Québec inc. qu’elles suspendent les travaux de déchargement de matières sèches effectués à l’aide de camions. La CNESST a aussi exigé la mise en place d’une procédure de travail pour contrôler les déplacements inattendus des camions lors des travaux de déchargement et que celle-ci soit clairement communiquée aux travailleurs. Les deux entreprises se sont conformées à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir ce type d’accidents, l’employeur doit s’assurer de contrôler les déplacements inattendus des camions aux quais de transbordement, par exemple en utilisant des cales de roues ou tout autre dispositif permettant d’empêcher le véhicule de se mettre en mouvement.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Association du camionnage du Québec, à l’Association des routiers professionnels du Québec et au Regroupement des entrepreneurs et camionneurs indépendants du Québec afin que leurs membres en soient informés.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études en transport par camion pour sensibiliser les futurs travailleurs et travailleuses.