
L’administration Trump a officiellement mis fin au projet de réglementation fédérale visant à imposer des limiteurs de vitesse aux véhicules lourds, une décision saluée par plusieurs associations du camionnage, mais qui laisse transparaitre une division au sein de l’industrie.
Le projet, porté depuis des décennies par le Département des Transports (DOT), la Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) et la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), visait à limiter la vitesse maximale des camions à entre 60 et 68 mi/h (97 à 109 km/h).
Il a finalement été retiré dans la foulée de l’agenda de dérèglementation du président Donald Trump, à travers les décrets « Unleashing Prosperity Through Deregulation » et « Enforcing Commonsense Rules of the Road for America’s Truck Drivers ».
Des données jugées insuffisantes
Le retrait officiel du projet s’explique par le fait que les agences n’ont pas pu démontrer clairement les bénéfices en matière de sécurité ou les impacts économiques. Elles soulignent également un manque d’harmonisation avec les limites de vitesse déjà en vigueur dans plusieurs États américains, qui dépassent dans certains cas les 70 mi/h (113 km/h).
De plus, les organismes fédéraux font valoir que d’autres technologies de prévention des collisions, comme le freinage d’urgence automatique, offrent aujourd’hui des gains de sécurité plus significatifs.
Des réactions conflictuelles dans l’industrie
Plusieurs associations ont applaudi la décision. L’American Trucking Associations (ATA) a indiqué que le retrait s’inscrivait dans une logique cohérente avec l’objectif de réglementations intelligentes et ciblées. L’Owner-Operator Independent Drivers Association (OOIDA), qui s’est toujours opposée aux limiteurs, estime pour sa part que le règlement aurait nui aux camionneurs indépendants et réduit la sécurité en augmentant les écarts de vitesse entre véhicules.
Même son de cloche du côté du National Private Truck Council (NPTC), qui soutient l’application des lois existantes plutôt que l’imposition d’une limite nationale unique, rappelant que la majorité des flottes privées utilisent déjà des dispositifs de limitation de vitesse sur une base volontaire.
À l’inverse, des groupes comme le Trucking Alliance, le Truckload Carriers Association et l’Institute for Safer Trucking avaient soutenu l’imposition de limiteurs.
Un projet vieux de plusieurs décennies
Le concept de limiter la vitesse des véhicules lourds par réglementation ne date pas d’hier. Dès les années 1980, le Congrès américain avait demandé une étude sur les avantages potentiels de ces dispositifs. Publiée en 1991, cette dernière concluait à des bénéfices modestes, estimant que les camions étaient globalement moins impliqués dans les accidents liés à la vitesse que les véhicules de promenade.
Après un regain d’intérêt en 2006 à la suite d’une pétition d’associations pro-sécurité, les agences fédérales avaient entamé un processus de réglementation, avec une première ébauche de règlement déposée en 2016.
En 2023, la FMCSA envisageait de fixer la limite à 68 mi/h, avant de revenir sur cette proposition. Le retrait complet officialisé en juillet 2025 marque donc la fin d’un long « feuilleton » réglementaire.











