
Le camionneur Jagmeet Grewal a été condamné à une peine de 10 ans de prison pour avoir causé un carambolage sur l’autoroute 440 à Laval en 2019, une tragédie ayant coûté la vie à quatre personnes et blessé une quinzaine d’autres.
Il s’agit de l’une des peines les plus sévères jamais imposées au Canada pour un cas de négligence criminelle au volant d’un poids lourd. La juge Yanick Laramée a souligné que conduire un camion de 53 pieds est bien plus qu’un privilège : c’est une lourde responsabilité pouvant entrainer des conséquences irréversibles.
Le 5 août 2019, Grewal a percuté à vive allure une file de véhicules immobilisés, sans effectuer la moindre tentative de freinage. L’impact a déclenché une scène de chaos, marquée par des flammes, de la fumée noire visible à des kilomètres, et la perte tragique de Gilles Marsolais, Michèle Bernier, Sylvain Pouliot et Robert Tanguay Laplante. Malgré les nombreux signaux d’alerte sur son état de santé physique et mental, Grewal conduisait un poids lourd alors qu’il en était formellement interdit par la SAAQ.
L’affaire a soulevé de sérieuses questions sur les mécanismes de surveillance des conducteurs professionnels au Québec. Grewal avait été déclaré inapte à vie en raison de troubles psychiatriques et d’un état de santé incompatible avec la conduite sécuritaire. Pourtant, en raison d’une erreur de la Société de l’assurance automobile du Québec, il avait réussi à obtenir un permis de classe 1. Cette faille administrative, combinée à l’indifférence de Grewal face à ses conditions de libération, a exacerbé l’indignation publique.
Lors du prononcé de la sentence, la Couronne a insisté sur la nécessité d’envoyer un message fort à l’industrie du transport. Selon le procureur Me Simon Blais, cette décision doit résonner à travers tout le Canada, car un camion peut devenir une véritable arme en cas d’usage irresponsable.
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