Dans l’industrie du transport routier, l’importance des ports et le rôle des agents des services frontaliers dans la prévention du vol de véhicules et de leur exportation illégale sont fondamentaux. Confronté à une hausse alarmante des vols d’automobiles au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé l’intention du gouvernement fédéral de durcir les sanctions criminelles. Cette initiative fait suite, entre autres, à la constatation que le nombre de vols de véhicules a triplé au Québec depuis 2019, avec le port de Montréal identifié comme un centre majeur pour l’exportation de ces véhicules volés, selon Johanne Beausoleil, directrice générale de la Sûreté du Québec.

Les méthodes employées par les voleurs démontrent une organisation et une patience calculées. Les véhicules volés sont souvent laissés sous surveillance dans des rues avant d’être acheminés vers les ports de l’est canadien, dissimulés dans des conteneurs et déclarés comme d’autres types de marchandises pour échapper à la vigilance. Ces conteneurs, transportés par camion vers des gares de fret telles que celle du Canadien Pacifique à Agincourt ou Vaughan Intermodal, terminent leur voyage dans les ports, principalement celui de Montréal, avant d’être expédiés par bateau. La complexité de ces opérations met en évidence le défi auquel sont confrontées les autorités, les véhicules volés étant difficilement identifiables parmi des milliers de conteneurs.

L’implication du crime organisé dans le vol de véhicules nécessite une réponse unifiée et forte, incluant une proposition de Pierre Brochet, président de l’Association des directeurs de police du Québec, pour une restructuration efficace de l’Agence des services frontaliers du Canada. La lutte contre ces crimes exige également des mesures législatives, comme l’interdiction des dispositifs permettant le vol de véhicules via des signaux de clés électroniques, une initiative soutenue par le ministre de l’Industrie, François-Philippe Champagne.

Dans un communiqué récent de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, l’accent est mis sur le manque flagrant d’équipement et d’armement des contrôleurs routiers, exposant les risques significatifs auxquels ils sont confrontés dans l’exercice de leurs fonctions. Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité, a fortement exprimé la vulnérabilité de ces professionnels, soulignant qu’aucun policier ne se risquerait à entreprendre leurs missions sans un armement adéquat. Cet état de fait a été mis en évidence lors d’un incident à haut risque survenu dans la région de Laval, où un individu, à bord d’un camion non identifié et présentant des défauts mécaniques, a été intercepté lors d’une vérification routinière. La découverte de deux véhicules volés, cachés à l’intérieur du conteneur transporté, a souligné le rôle crucial mais dangereux des contrôleurs dans la protection de la chaîne logistique lorsqu’ils doivent interagir auprès de membres du crime organisé. Cet incident met en lumière leur contribution à la sécurité des routes et des points stratégiques, tels que le transport vers le port de Montréal, cible privilégiée du crime organisé pour l’exportation illégale de véhicules volés.

Ces enjeux ont des répercussions importantes sur le secteur du camionnage, influençant les coûts d’assurance, la sécurité publique, et l’intégrité des opérations portuaires et frontalières. La collaboration est donc cruciale entre tous les acteurs de la chaîne logistique pour garantir la sécurité des biens et la protection de l’économie contre les pertes engendrées par ces activités criminelles.

En réponse à cette crise, le gouvernement a non seulement proposé de renforcer le Code criminel, mais a également alloué 28 millions de dollars pour combattre l’exportation illégale de véhicules volés. Cette démarche témoigne d’une volonté de s’attaquer au problème avec des ressources adéquates, mais la réussite de ces mesures dépendra de l’effort collectif de tous les secteurs impliqués, soulignant l’importance d’un engagement commun pour sécuriser le commerce international et les frontières tout en protégeant les biens et la sécurité des citoyens canadiens.