L’industrie du camionnage est sous pression depuis déjà plusieurs années, que ce soit en raison de son taux de rétention, des conditions difficiles de travail, du manque de reconnaissance de son importance ou encore, ses difficultés de recrutement.

À compter du 31 octobre, la pression sera encore plus forte pour tous les transporteurs qui seront affectés par la fermeture de 3 voies sur 6 dans le Tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, les routiers, les fournisseurs, les clients et les consommateurs. Ces derniers devront d’ailleurs payer pour les hausses qui résulteront de toutes les perturbations causées à l’industrie et à la chaîne d’approvisionnement.

Afin de pallier les retards et la hausse des coûts qu’occasionnera cette importante fermeture, qui se prolongera sur plusieurs années, et l’abandon des postes de routier en ville, l’industrie propose des solutions et urge les dirigeants de les entendre. Par exemple, Marc Cadieux demande des corridors réservés aux poids lourds à des moments clés pour les horaires du transport, et une hausse considérable de l’utilisation des transports collectifs par le public.

Marc Cadieux, président de l’Association du Camionnage au Québec, souligne que la fermeture du tunnel aura des impacts considérables sur les activités du Port de Montréal et sans la mise en place d’un plan efficace, l’industrie manufacturière et les commerces de détail seront également affectés. Les retards et la perte de productivité pourraient mettre en péril les emplois dans les usines, et créer une onde de choc non seulement dans le camionnage, mais dans toutes les sphères qui y sont liées.

Une hausse de 20% de la capacité de chargement des camions est demandée par l’Association à la ministre Geneviève Guilbault, afin d’éviter une catastrophe au Port de Montréal. Une augmentation des livraisons de marchandises la nuit est aussi envisagée, mais demeure compliquée à mettre en place d’autant plus que le personnel de nuit est beaucoup plus difficile à trouver, notamment en période de pénurie dans le camionnage et dans le commerce de détail. Des réglementations sur l’île restreignent également le transport de nuit pour privilégier le sommeil des citoyens.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Grand Montréal, a sollicité la ministre de limiter l’accès au tunnel seulement au covoiturage, au transport collectif et aux camions. Le 13 octobre dernier, le MTQ calculait que 60 % des usagers devraient trouver une alternative afin d’assurer une fluidité sur le pont-tunnel. Est-ce réaliste, malgré tous les incitatifs qui seront en place, considérant le manque d’accès au transport en commun en périphérie de Montréal et le manque d’effectifs la nuit?

Valérie Plante, mairesse de la métropole, soutient que la clé réside dans le transfert modal des gens qui étaient dans la voiture solo et qui prendront le transport collectif.