Photo : Jean-Louis Bordeleau, Le Devoir

L’administration municipale de Montréal est sur le point de dévoiler un ambitieux projet visant à développer le boulevard de l’Assomption. Ce plan stratégique vise principalement à optimiser le transport routier dans la zone Hochelaga-Maisonneuve. Cependant, il soulève des préoccupations environnementales, car il pourrait nécessiter la destruction partielle d’un des rares espaces boisés restants de la région, un écosystème précieux que la communauté locale s’efforce de conserver.

Selon des informations fiables, l’équipe de la mairesse Valérie Plante est en train de finaliser ce projet axé sur le transport de conteneurs, un sujet régulièrement évoqué ces dernières années. La municipalité a admis travailler sur plusieurs propositions pour ce prolongement, tout en insistant sur la nécessité de considérer divers aspects, notamment la réduction de l’impact environnemental des opérations de Ray-Mont Logistiques sur les habitants.

Un événement public de présentation du projet est prévu pour le début du printemps 2024. Toutefois, la Ville n’a pas confirmé si la préservation intégrale du boisé Steinberg, proche du site de Ray-Mont Logistiques, est garantie, malgré le fait qu’une partie de ce boisé bénéficie déjà d’une protection municipale.

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable a qualifié ce boisé de “stratégique”, sans pour autant fixer de calendrier pour la décision concernant son avenir.

Des détails préliminaires ont été partagés par le ministère. Le plan de l’administration Plante et du gouvernement Legault cherche à améliorer le trafic routier entre l’avenue Souligny et la rue Notre-Dame, ainsi que l’accès au port de Montréal. Cela impliquerait le prolongement du boulevard de l’Assomption jusqu’à la rue Notre-Dame, ainsi que l’extension de l’avenue Souligny vers le nouveau tronçon du boulevard. Il semble cependant techniquement inévitable d’impacter le boisé Steinberg pour réaliser cette extension.

Ces nouvelles sections routières devraient faciliter le transit des camions transportant des conteneurs en provenance du port de Montréal. L’administration portuaire évoque un flux de 1500 camions par jour. Ces véhicules pourraient s’ajouter à ceux circulant déjà sur le site de Ray-Mont Logistiques, une entreprise ayant entamé un projet de plateforme de transbordement de conteneurs. Ray-Mont Logistiques précise que ces projets routiers sont des décisions unilatérales de la Ville.

Ray-Mont Logistiques engage actuellement des poursuites judiciaires contre la Ville pour des dommages de 373 millions de dollars, liés à des retards dans l’octroi d’autorisations. Leur projet n’a pas été soumis à l’évaluation environnementale normalement requise pour les grands projets industriels au Québec, une omission qui a suscité des contestations de la part de la population.

Anaïs Houde, porte-parole de Mobilisation 6600, un collectif citoyen s’opposant à Ray-Mont Logistiques et militant pour la conservation des espaces verts, perçoit ces projets routiers comme favorisant avant tout les intérêts de l’entreprise et du port. Elle exprime ses inquiétudes quant à la consultation publique prévue au printemps, insistant sur l’importance cruciale de protéger le boisé Steinberg.

Le groupe Mobilisation 6600 exprime également des préoccupations quant à l’avenir d’une friche boisée adjacente au site de Ray-Mont Logistiques, plaidant pour sa transformation en parc linéaire. La Ville de Montréal, quant à elle, n’a pas encore répondu aux interrogations concernant cette friche, mais assure que la présentation prévue répondra aux questions légitimes des résidents.

En novembre 2023, le gouvernement fédéral avait souligné l’importance de préserver cette zone, en évoquant son rôle essentiel pour la santé, le bien-être, les loisirs des Canadiens, ainsi que pour l’économie du pays. L’ornithologue Arnaud Valade a mis en avant l’importance écologique du boisé Steinberg et des terrains environnants pour de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment pendant les migrations. La préservation de ces espaces est donc indispensable pour la biodiversité aviaire, particulièrement dans un quartier hautement urbanisé.