
Alors que les discussions sur les véhicules électriques se concentrent souvent sur les voitures et les petits camions utilisés par les particuliers, c’est l’industrie du camionnage qui s’est retrouvée sous les projecteurs à Washington.
Le président Donald Trump a annulé le mois dernier des règles environnementales adoptées par la Californie, qui auraient forcé une transition plus rapide vers les camions électriques.
Ces règles permettaient à la Californie d’imposer des normes plus strictes que celles du gouvernement fédéral. L’une d’elles exigeait que les fabricants vendent un pourcentage élevé de camions électriques d’ici 2035. Une autre visait à réduire fortement la pollution de l’air causée par les moteurs diesel. Plusieurs États voulaient suivre l’exemple de la Californie, mais l’industrie du camionnage s’est fortement opposée à ces changements.
Des groupes représentant les transporteurs ont dit avoir ressenti un grand soulagement lorsque les règles ont été annulées. Selon eux, les objectifs n’étaient pas réalistes. Les camions électriques coûtent très cher, parfois plus de trois fois le prix d’un camion diesel. De plus, il n’y a pas encore assez de bornes de recharge adaptées pour les poids lourds, surtout dans les régions éloignées.
De leur côté, les groupes environnementaux soutiennent que les règles prenaient en compte les différences entre les types de camions. Par exemple, les véhicules de livraison urbaine auraient eu des objectifs plus élevés, tandis que les camions longue distance auraient eu plus de temps pour s’adapter. Ils prévoyaient même des ajustements si certaines catégories de camions étaient en retard, mais cela demandait l’approbation du gouvernement fédéral, peu favorable sous Trump.
Même si les règles sont tombées, certaines entreprises continuent à investir dans l’électrique. Des géants comme Amazon ont déjà commandé des milliers de fourgonnettes électriques pour leurs livraisons. Mais pour les camions lourds, les ventes restent très faibles, représentant moins de 1% du marché dans certaines catégories.
Les défenseurs de l’environnement rappellent que les progrès réalisés dans la réduction des émissions au fil des ans ont été possibles grâce à des règles strictes. Ils s’inquiètent maintenant que l’abandon de ces normes freine les efforts pour améliorer la qualité de l’air, notamment dans des zones très polluées comme les ports de la Californie.
Malgré tout, plusieurs experts estiment que l’électrification des camions va se poursuivre, mais plus lentement. Les entreprises américaines doivent souvent respecter des règles plus strictes en Europe, ce qui pousse certains fabricants à continuer d’investir dans les véhicules zéro émission.
Le mouvement est lancé, disent-ils, même si le soutien du gouvernement américain a ralenti.
Ailleurs dans le monde
En Europe, les objectifs sont beaucoup plus ambitieux. L’Union européenne exige une réduction de 90% des émissions de CO₂ des camions d’ici 2040, et veut que 90% des autobus urbains soient électriques dès 2030. Pour soutenir cette transition, des bornes de recharge haute puissance devront être installées tous les 60 km sur les grands axes routiers. Malgré ces efforts, les ventes de camions électriques restent faibles à cause du prix des batteries et des retards dans les infrastructures.
En Asie, la Chine est en tête avec des milliers de bus et camions électriques déjà en circulation. Le pays domine la production mondiale de véhicules zéro émission, et sa transition est bien avancée, surtout dans les grandes villes. La Corée du Sud a aussi pris de l’avance, avec environ 7 à 8% des nouveaux camions vendus qui sont électriques. Même des pays comme le Vietnam testent des projets pilotes, comme des camions électriques pour la collecte des déchets à Hué. Ces initiatives montrent un virage concret, souvent soutenu par les gouvernements.
En comparant les différentes régions du monde, on constate que l’électrification du transport lourd progresse à des vitesses variables. L’Europe pousse fort avec des lois contraignantes et une stratégie à long terme, tandis que l’Asie, menée par la Chine, mise sur la production de masse et les projets pilotes. Le Canada avance plus prudemment, misant sur les incitatifs financiers et les projets locaux. Partout, les défis sont les mêmes, soit coûts élevés, autonomie limitée et infrastructure de recharge encore trop rare.
Mais la tendance semble claire, tôt ou tard, l’avenir du camionnage passera par l’électricité, ne serait-ce que par la pression des marchés et des politiques climatiques, malgré les obstacles.
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