
La plus grande entreprise de camionnage au Canada, TFI International, fait face à une demande d’action collective déposée devant la Cour supérieure du Québec.
Le recours vise à déterminer si l’entreprise aurait induit ses investisseurs en erreur avec des déclarations jugées trompeuses sur sa situation financière.
La demande a été déposée au nom de D. Courcy, qui est représenté par Me Jeff Orenstein, du Groupe de droit des consommateurs. Le recours vise TFI International, ainsi que le président et chef de la direction Alain Bédard et le directeur financier David Saperstein.
Des faits jugés préoccupants
TFI International est une entreprise cotée à la fois à la Bourse de Toronto et à la Bourse de New York. Bien qu’elle soit née au Canada, elle concentre désormais l’essentiel de ses activités aux États-Unis, et a annoncé en février 2025 le transfert de son siège social au sud de la frontière.
Selon les allégations contenues dans la demande, entre avril 2024 et février 2025, l’entreprise aurait publié des informations positives mais trompeuses au sujet de sa performance financière. TFI aurait notamment affirmé que ses revenus augmentaient, tout en omettant de mentionner qu’elle perdait des clients, que ses revenus baissaient réellement, et que sa rentabilité chutait dans son principal secteur d’activité.
Un investisseur floué?
D. Courcy affirme avoir acheté 20 actions de TFI le 3 février 2025, à 185$ chacune, pour un total de 3 700$. Moins de trois semaines plus tard, le 19 février, l’entreprise publie des résultats décevants : une chute de 33% de son bénéfice trimestriel et une baisse de 16% de ses revenus.
Le lendemain, l’action s’effondre en bourse de plus de 20%, atteignant 143,78$, avant de descendre à 106$ lors du dépôt de la demande d’action collective. Le demandeur considère que l’entreprise n’avait aucun fondement solide pour peindre un portrait aussi optimiste les mois précédents.
Demande en justice
Le recours propose de représenter tous les investisseurs ayant acheté des titres de TFI entre le 26 avril 2024 et le 19 février 2025. La demande vise à obtenir une compensation financière pour les pertes subies, en plus de dommages punitifs.
La Cour supérieure du Québec devra d’abord décider si le recours peut aller de l’avant. En attendant, cette affaire attire l’attention du monde du transport et des marchés financiers, où la confiance envers les déclarations publiques des entreprises est essentielle.
D’autres recours
Depuis le dépôt de la demande au Québec, d’autres recours similaires ont vu le jour. Aux États-Unis, plusieurs cabinets d’avocats, dont DiCello Levitt LLP, ont également intenté des actions collectives contre TFI International au nom d’investisseurs américains. Ces recours s’appuient sur les mêmes allégations de déclarations trompeuses entre avril 2024 et février 2025.
De plus, bien que TFI ait annoncé en février son intention de transférer son siège social aux États-Unis, cette décision a été annulée quelques jours plus tard, en raison des inquiétudes exprimées par ses actionnaires, notamment la Caisse de dépôt et placement du Québec.
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