
Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada s’intensifient alors que l’administration Trump menace d’imposer des tarifs douaniers massifs sur les importations canadiennes dès la semaine prochaine. Toutefois, selon une source à la Maison-Blanche, ces mesures pourraient encore être ajustées en fonction des négociations en cours entre les deux pays.
Le président américain a déjà signé un décret instaurant une surtaxe de 25% sur l’ensemble des biens en provenance du Canada, avec une exception pour le secteur de l’énergie, qui serait frappé d’une taxe réduite à 10%. Initialement prévu pour entrer en vigueur immédiatement, le décret a été suspendu jusqu’au 4 mars, le temps que le Canada mette en place des mesures plus importantes en matière de sécurité frontalière.
Donald Trump avait alors justifié cette suspension en expliquant qu’elle visait à donner aux deux pays l’occasion de conclure un « accord économique final ». Cependant, lundi, le président a affirmé que les tarifs allaient bel et bien être appliqués comme prévu, tout en laissant planer la possibilité d’autres décrets élargissant encore sa politique commerciale protectionniste.
Face à cette menace, plusieurs ministres fédéraux et premiers ministres provinciaux ont multiplié les rencontres à Washington ces dernières semaines, tentant de comprendre quelles concessions pourraient convaincre la Maison-Blanche de faire marche arrière. De leur côté, des sources internes affirment que l’administration Trump pourrait encore modifier sa position en fonction des discussions en cours.
Mais si aucun compromis n’est trouvé, le Canada ne compte pas rester les bras croisés. Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que des mesures de rétorsion allaient être mises en place en réponse aux tarifs imposés par Washington. Ottawa prévoit ainsi d’instaurer une taxe de 25% sur des produits américains totalisant 155 milliards de dollars canadiens, soit environ un cinquième de l’ensemble des importations en provenance des États-Unis. Dès mardi, si rien ne change, une première vague de tarifs frappera pour 30 milliards de dollars de marchandises, incluant plusieurs produits de consommation courante.
Lors d’une conférence de presse, Justin Trudeau a dénoncé une approche punitive qui nuira autant aux Canadiens qu’aux Américains. Il a averti que les tarifs décrétés par Donald Trump allaient directement affecter les consommateurs américains en augmentant le coût de biens essentiels, comme la nourriture et l’essence. Si le président Trump veut inaugurer un nouvel âge d’or pour les États-Unis, la meilleure voie est de s’associer avec le Canada, et non de nous pénaliser, a-t-il laissé entendre.
L’annonce des tarifs américains a provoqué une onde de choc au Canada, où les milieux économiques et politiques redoutent de lourdes répercussions. Si les tensions ne s’apaisent pas rapidement, une véritable guerre commerciale pourrait s’installer entre les deux partenaires de longue date, avec des conséquences imprévisibles sur les échanges transfrontaliers.











