Les perturbations des chaînes d’approvisionnement se font ressentir de plus en plus sur les activités des PME constate la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Des retards qui vont entraîner une hausse des prix selon l’organisme regroupant 95 000 membres.

«C’est au niveau des chaînes d’approvisionnement et de la logistique que les PME ont ressenti récemment l’un des impacts les plus lourds de la pandémie. En fait, il suffit d’un seul maillon faible pour perturber toute la chaîne, par exemple, si une usine de production de matériaux indispensables subit des retards à cause des restrictions qui ralentissent le processus», explique Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI, en précisant que depuis un an, les propriétaires de PME s’inquiètent de plus en plus des problèmes logistiques concernant, par exemple, la livraison ou l’expédition de produits ou la gestion des stocks.

La FCEI a approfondi la question en avril en menant un sondage auprès de ses 95 000 membres qui a révélé que plus de la moitié (55 %) des chefs de PME avaient subi des retards au cours des 30 jours précédant le sondage, la majorité d’entre eux (90 %) déplorant des retards de leurs fournisseurs. Les PME des secteurs du commerce de gros, de la construction, de la fabrication, du commerce de détail et de l’agriculture ont été le plus durement touchées par les retards.

«Les propriétaires de PME indiquent qu’ils augmenteront leurs prix de 3,3 % en moyenne au cours des douze prochains mois, ce qui constitue la plus importante hausse depuis 2009, précise M. Gaudreault. C’est inquiétant parce que cela va nuire encore plus à la capacité des PME à rebondir et à faire des ventes, sachant déjà que bon nombre d’entre elles sont dans une position précaire à cause des dettes qu’elles ont accumulées durant la pandémie», indique Simon Gaudreaulten demandant d’offrir des tests de dépistage rapide dans les entreprises du secteur de la fabrication et dans les entrepôts afin de permettre d’augmenter la production.

Toujours au niveau des demandes auprès des gouvernements, le directeur principal de la recherche nationale à la FCEI souhaite une réduction de la paperasserie.

«Ce nouveau défi lié à la pandémie montre que de nombreuses PME canadiennes sont toujours dans une zone de turbulence. Le risque d’inflation aura de graves répercussions sur la reprise économique du Canada si on ne maîtrise pas ces problèmes logistiques. Les gouvernements doivent montrer plus que jamais qu’ils continuent de se battre pour les PME en prenant des mesures rapides et créatives afin d’alléger le fardeau que la COVID-19 leur impose toujours aujourd’hui», conclut-il.

Mercredi 9 juin 2021.

Stéphane Lévesque