
Le projet de centre d’exploitation électrifié Newton, à Québec, continue de faire couler beaucoup d’encre. Estimé à plus de 600 millions de dollars, ce futur garage pour autobus électriques du Réseau de transport de la Capitale (RTC) soulève la controverse, notamment depuis que le gouvernement du Québec s’est retiré de son financement.
Pourtant, selon un audit indépendant mené par la firme Ingérop, ce projet offrirait un bon rapport qualité-prix, malgré sa facture impressionnante.
À l’origine, en 2019, on évoquait un coût d’environ 200 millions de dollars. Mais depuis, les exigences d’électrification, la démolition de l’ancien entrepôt Simons, l’inflation, et l’ajout de nombreuses réserves de risques ont fait exploser le budget. À eux seuls, l’inflation et la réserve de risques représentent près de 140 millions de dollars. Le rapport d’audit précise que sans ces éléments, le coût de construction aurait été d’environ 281 millions, soit l’équivalent d’autres projets similaires ailleurs au pays.
L’électrification est au cœur de cette hausse de coûts. L’acquisition et l’installation de chargeurs pour autobus électriques sont chiffrées à près de 30 millions, une estimation jugée plutôt optimiste par les auditeurs. À cela s’ajoute une facture de près de 100 millions en ingénierie, car le bureau de projet englobe non seulement le garage, mais aussi la transformation du réseau, les bus et la logistique globale de l’électrification.
La ministre Geneviève Guilbault a suggéré l’idée de remiser les autobus à l’extérieur sous des marquises, pour réduire les coûts. Toutefois, cette option avait été rejetée dès le départ, notamment en raison des conditions hivernales à Québec qui nuisent au rendement des batteries. En Europe, les dépôts extérieurs sont rares dans des régions plus chaudes que la capitale québécoise, ce qui appuie la décision du RTC d’opter pour une infrastructure fermée.
Enfin, bien que certains comparent le projet de Newton à celui de Brampton en Ontario, les contextes sont différents. Le dépôt ontarien coûte moins cher à la base, mais l’électrification sera réalisée plus tard. À Québec, tout est intégré dans une seule et même phase. Le rapport d’Ingérop conclut que le projet est techniquement solide, bien encadré et justifié dans son ensemble, même si son ampleur continue de faire débat.











