- dim. 12 août 2007 14:00
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Simon BoivinPensait pas pour les lettres FLQ, LSD, etc...
Le Soleil
Québec
Le Québec est le seul endroit au Canada, avec Terre-Neuve, où les automobilistes ne peuvent demander une plaque d’immatriculation personnalisée. Une pratique que la SAAQ n’est pas prête à autoriser sur nos routes.
« On reçoit régulièrement des demandes en ce sens », indique Sylvie Boulanger, directrice du développement des permis et immatriculations à la Société d’assurance automobile du Québec. « Nous avons fait une étude en juillet 2005 auprès d’administrations qui produisent des plaques personnalisées, et nous avons jugé que ce n’est pas rentable. »
En Ontario, en plus d’un message de deux à six caractères, les amateurs de sports ont le choix d’arborer un logo des Maple Leafs, des Blue Jays ou encore des Sénateurs sur leur plaque. Plus de 40 graphiques peuvent y côtoyer l’indélogeable Yours to discover, moyennant 317 $ de la poche du conducteur ontarien. Au Manitoba, la facture est de 107 $. En Nouvelle-Écosse, 91 $.
«Ce dont on s’est rendu compte, c’est qu’au départ, il y a un certain engouement, explique Mme Boulanger. Les gens en veulent. Après un certain temps, ça tombe. Ceux qui en avaient laissent tomber. »
Une consultation auprès des corps policiers a aussi convaincu la SAAQ que la nomenclature actuelle simplifie l’identification des plaques. « Nos plaques sont très facilement lisibles », note Mme Boulanger.
Hormis les coûts de fabrication de plaque à l’unité, la gestion des différentes demandes serait assez lourde. « Si quelqu’un voulait écrire, par exemple, “tape-cul” à l’arrière de son véhicule, est-ce qu’on l’accepterait? illustre Mme Boulanger. Ou un autre qui veut faire écrire “Jésus”, je ne suis pas certaine que ça plairait à tout le monde. On aurait à gérer l’insatisfaction de beaucoup de gens.»
En Ontario, les automobilistes sont avertis que leur message sera refusé s’il est «méprisant, blasphématoire, raciste, de nature sexuelle ou de nature
religieuse».
Quelques exemples de plaques personnalisées néo-écossaises, donc à lire en anglais, qui rappellent tantôt un métier, un passe-temps, un goût particulier : IRENOV8, LOV2FLY, GOT2SKI, HABSFAN, EATSUBS.
Acronymes à éviter
La SAAQ a elle aussi un comité qui veille à ce que les trois lettres inscrites sur nos plaques ne soulèvent pas de controverse. Il a déjà refusé l’émission de séquences de plaques commençant par : FLQ, LSD, MTS, RAT, SEX. Les lettres O, I et U ne font jamais partie des préfixes, en raison du risque de les confondre respectivement avec les chiffres 0, 1 ou la lettre V. Cela a aussi l’avantage de couper court à bon nombre de possibilité de mots.
Depuis 1979, il n’y a plus de plaque d’immatriculation obligatoire à l’avant des véhicules au Québec. «Chaque personne a le droit de mettre la plaque qu’il veut avec le message qu’il veut en avant, souligne Mme Boulanger. C’est toujours possible.»
Exception à noter, le règlement sur l’immatriculation prévoit que les détenteurs de licence de radio amateur peuvent obtenir le préfixe VE2 ou VA2, en lien avec leur indicatif d’appel.
Pour les deux ou trois autres caractères, ils peuvent faire inscrire ce qu’ils veulent mais en fonction de la licence requise par le gouvernement fédéral pour opérer une radio amateur.
«On accepte de faire ces plaques pour une raison de sécurité civile car la plaque indique aux agents de la paix que le propriétaire du véhicule a une licence de radio-amateur et qu’il peut apporter une aide en cas de sinistre», explique Mme Boulanger.





