Les Etats-Unis vont exiger des papiers d'identité sécurisés aux frontière
2006-03-31 18:14:00
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CANCUN, Mexique (PC) - Les Canadiens doivent se faire à l'idée qu'ils devront bientôt montrer leur passeport chaque fois qu'ils iront aux Etats-Unis et ce, même lorsqu'ils sont en voiture, a déclaré vendredi le premier ministre Stephen Harper.
Le président américain George W. Bush
serre la main du premier ministre Stephen Harper.

(PC PHOTO/Tom Hanson)
Au terme d'un sommet de deux jours avec ses homologues américain et mexicain, M. Harper a reconnu que Washington ne ferait pas marche arrière concernant son projet d'exiger des papiers d'identité comportant des éléments de sécurité aux postes frontaliers.
"Je pense que nous connaissons tous les conséquences: ce sera plus difficile de franchir la frontière et les gens qui n'ont pas besoin de papiers d'identité, lors d'un voyage d'affaires ou de tourisme, vont en fait découvrir qu'ils en auront besoin à l'avenir, a déclaré M. Harper, lors d'une conférence de presse à la fin de la rencontre. Je ne suis pas certain que les Canadiens sont au courant que ces exigences s'en viennent."
Les gouvernements fédéral et provinciaux, avec les milieux d'affaires, ont fait des représentations vigoureuses auprès des Etats-Unis afin d'éviter qu'une loi n'impose à tous les visiteurs étrangers de montrer un passeport ou des papiers d'identité sécurisés. Cette exigence sera aussi imposée aux citoyens américains, qui devront présenter le même type de pièces d'identité.
La principale crainte est celle de voir, une fois la loi en vigueur, baisser le nombre d'Américains se rendant au Canada pour faire des emplettes, par affaires ou pour participer à des congrès. Seulement 20 pour cent des Américains ont un passeport.
Des représentants ont indiqué que des papiers d'identité sécurisés contiendraient des éléments de sécurité qui les situeraient quelque part entre un permis de conduire et un passeport.
Cette exigence devrait être en vigueur dès la fin de l'année pour les personnes qui voyagent en avion et en bateau, et elle devrait s'appliquer aux personnes qui voyagent par voie terrestre dès 2007.
Le président George Bush n'a laissé aucun doute quant à la détermination de son administration d'aller de l'avant avec ce projet.
"J'ai l'intention de faire respecter la loi, a-t-il dit, ajoutant qu'il sympathisait avec les Canadiens. Je sais que cette question a été une source d'inquiétude. Votre premier ministre m'a expliqué clairement ses inquiétudes face à l'impact d'une telle mesure sur l'économie, puisque les gens voyageront peut-être moins entre nos deux pays."
Affirmant que son objectif était d'éviter un affaiblissement des relations, il a laissé entendre qu'une carte avec bande magnétique pourrait convenir aux exigences et dans les faits faciliter les passages aux postes frontaliers.
La réaction de M. Bush à ce sujet a été en droite ligne avec son attitude générale durant tout le sommet à Mexico. Le président a multiplié les bons mots à l'endroit de M. Harper et du Canada, mais son gouvernement n'a fait aucune concession dans les dossiers importants.
Au sujet du bois d'oeuvre, c'est notamment M. Harper qui a annoncé son intention de demander aux représentants canadiens d'examiner les options vers une résolution du conflit commercial. M. Bush n'a donné aucun signe qu'il serait prêt à faire des concessions.
Le seul résultat concret aura été l'accord entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique pour former un Conseil de la compétitivité, qui aura pour but d'améliorer l'économie des trois pays.
Le premier ministre Harper a tenu à préciser que la rencontre avait été très intéressante, alors que les participants ont donné leur accord pour que le prochain sommet ait lieu au Canada l'an prochain.
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