Newton 210, je prends l’initiative de te répondre pour quelques raisons. La première est que Suzan a repris la route avant même de voir ton message. La seconde est que sur Truck stop Québec nous travaillons en équipe, que je suis le membre de cette équipe qui a la disponibilité et la facilité de faire les recherches qui éluderont cette question. En troisième lieu, j’ai effectué la même recherche que Suzan et toi, pour confirmer, ou non, le contenu de l’éditorial en question.
L'Effondrement du pont Duplessis
L’effondrement du pont Duplessis a eu lieu le 31 janvier 1951, et non en 1950, du moins celui dont il est question dans l’éditorial de Suzan. Il y a bel et bien eu un premier effondrement en 1950. Il était mineur et n’a pas entraîné la mort. L’accident de 1951 a causé le décès immédiat de 7 personnes, et une dernière quelques jours plus tard. Au dire des historiens, ce qui a rendu l’événement aussi célèbre n’est pas tant les morts, ou la gravité de la situation, mais le climat politique qui entourait le Premier Ministre Duplessis. Il a été affirmé que l’effondrement était le résultat d’acte de vandalisme ayant pour but de ternir son image. Donc, dans l’analyse d’un pareil cas, il faut tenir compte de la portée historique et politique, en même temps de l’implication des ingénieurs dans le dossier.
"Le pont Duplessis (…) connaît des problèmes dès février 1950 alors qu’une première poutre d’acier s’effondre. La tragédie serait due à la piètre qualité de l’acier ou au mauvais fonctionnement des joints d’expansion. (…) Mais pour J.A. Mongrain, le maire de Trois-Rivière, tout comme pour les habitants de la ville, l’effondrement du pont a été causé par la mauvaise qualité des matériaux et par le laisser-aller en matière de travaux publics du gouvernement unioniste. " Les archives de Radio-Canada, Le pont Duplessis s’écroule
"Le 27 février 1950, par une froide journée, un premier affaissement, attribuable à une déchirure dans une poutre d’acier, se produisit. (…) Selon les experts, la chute du pont était prévu depuis huit mois. L’utilisation d’un acier de moindre qualité aurait déjoué le calcul des ingénieurs dans la construction du pont. Les causes de l’effondrement du pont demeureront inexpliquées." Université de Sherbrooke, Bilan du siècle Effondrement du pont Duplessis à Trois-Rivières
Dans son éditorial, Suzan écrit : "Ce sont les mêmes gningnénieurs que le pont Duplessis à Trois-Rivières qui l’ont conçu…. Vous savez les gnignénieurs qui ne savaient pas que le métal se rétractait au froid???? Les archives de Radio-Canada mentionnent que le premier effondrement est dû à l’expansion de la soudure soumis à une base température. En quoi, aurait elle commis une erreur? Disons, qu’elles sous-tend l’incompétence des ingénieurs. Les archives de Radio-Canada conclu que l’accident a été causé par la mauvais qualité des matériaux et les travaux publics. Qui décident des matériaux et dirige un tel chantier?
L’effondrement du viaduc du souvenir
En juin 2000, il y a rénovation du viaduc du souvenir. Lorsque le maître de chantier à fait procéder à l’installation des nouvelles poutres (tige de métal enrobé de béton) elles étaient trop courtes. Il prend l’initiative d’insérer des appuis de bois pour combler la distance manquante jusqu’à l’achèvement des travaux. La tige de métal au centre de la poutre de béton dépasse pour être insérée dans la structure finale. Les appuis en bois n’insèrent pas cette tige en métal, donc elle n’empêche pas le glissement. Enfin, cet ajout ne sera pas inscrit sur les plans.
Quand une autre équipe arrive pour effectuer les soudures, elles consultent les plans, les appuis en bois n’y figurant pas. Ils sont donc jugés inutiles. L’ingénieur en chef, à ce moment, les fait enlever pour faciliter la soudure. Lors de la soudure, le glissement des premières poutres à entraîner les suivantes. Comme les autres n’avaient pas de points d’encrage au centre, et que le bois favorisait le glissement, il y a effondrement du viaduc. Qui plus est, les témoins ont tous affirmé que l’effondrement a été précédé de la chute de morceau de bois. Le résultat de l’enquête de la CSST :
" Le système de contreventement mis en place est inefficace. Une communication déficiente entre les intervenants au chantier sème la confusion quant au rôle joué par les appuis temporaires lors de l’exécution des différentes phase des travaux. Le plan d’attache temporaire des poutres est incomplet. " Rapport de la CSST sur l'accident de l'effondrement du viaduc du souvenir à Montréal
Plus de citations si le doute persiste:
"Aux piles 2,3 t 4, les travailleurs de Béton Préfabriqué du Lac installent des appuis temporaires en bois sous les poutres(…)"
"Le 18 juin 2000, vers 10h45, alors que des voitures circulent sur toutes les voies de l’autoroute 15 sous le viaduc en construction, des automobilistes aperçoivent des pièces de bois tomber du haut du viaduc sur la chaussée (…) " (page 12)
" Toutefois, le système de retenue des poutres tel que prévu au plan intitulé « Attache temporaire des poutres »
"Le surveillant et le concepteur du viaduc autorisent donc leur enlèvement à la demande du maître d’œuvre. Pour lui, les appuis temporaires, (…) nuisent aux opérations de soudage des poutres. (…) La confusion qui s’est installée en regard des appuis temporaires permet que, le 5 juin 2000, tous les appuis temporaires soient enlevés, laissant les poutres dans un état de d’équilibre instable insoupçonné. Cet équilibre est rompu par une force très faible. Cette cause est retenue. "