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Une nouvelle méthode pour injecter de l’inflation
Par Peter Schiff
C’est peut être une des plus grandes ironies qui soient jamais sorties de Washington. La semaine dernière, le Congrès a simultanément pilonné les joueurs de baseball qui avaient utilisé des dopants pour améliorer leurs performances et ont fait exactement cela à l’économie. Suis-je le seul à en rire ?
En réalité, le marasme actuel de l’économie américaine est uniquement la conséquence d’années d’utilisation de dopants sous la forme de crédit facile et d’immobilier en hausse perpétuelle. Au lieu de prendre une nouvelle seringue, le congrès devrait demander aux américains ce qu’il exige des joueurs : jouez selon vos moyens naturels. Malheureusement, pour ce qui est du cas de l’économie, le patient est déjà tellement intoxiqué que les prochaines doses risquent bien de le précipiter aux urgences.
Le projet de “stimulus économique”, qui a suscité tant d’éloges, vient de devenir loi, et les seules voix que l’on a entendu pour s’y opposer étaient celles qui disaient qu’il n’allait manquait d’ambition. Porte parole de ceux qui sont totalement opposés à ce projet, je pense que l’aspect le plus significatif de ce projet est qu’il crée une nouvelle méthode pour injecter de l’inflation dans le système.
Auparavant, le gouvernement utilisait largement l’arme des taux d’intérêt pour stimuler l’économie quand il le souhaitait. De cette manière, la croissance de la masse monétaire, aussi appelée inflation, est conduite par le système bancaire. La Banque Centrale met du crédit peu cher à la disposition des banques, qui prêtent ces nouveaux fonds ou les utilisent pour acheter des actifs à plus forte rentabilité. Le prix des actifs tels que les actions, les obligations et l’immobilier, est de cette manière stimulé à la hausse. L’impact sur les prix à la consommation ne vient que bien plus tard.
Aujourd’hui toutefois, le mécanisme de la baisse des taux devient insuffisant, principalement parce que les banques sont tellement gonflées d’actifs présentant des garanties douteuses que peu d’entre elles peuvent envisager d’en acheter plus ou d’étendre du crédit à leurs clients (et ce quel que soit le prix auquel ce crédit pourrait leur être fourni).
Le gouvernement opte donc pour une approche beaucoup plus directe. En imprimant de l’argent et en l’envoyant directement à ses citoyens, le « plan de stimulation économique » s’épargne le passage par le grossiste que sont les banques et administre la drogue de l’inflation directement aux consommateurs.
Si on pouvait résoudre les problèmes financiers simplement en imprimant de l’argent, la FED pourrait envoyer 10 millions de dollars à chaque citoyen et nous pourrions nous prendre notre retraite en masse aux Caraibes. Malheureusement, injecter plus d’argent à la poursuite d’une quantité fixe de biens réels a pour simple conséquence de pousser les prix à la hausse et ne résout en rien les problèmes économiques de fond.
Puisque cet argent ira directement dans de la consommation, sans passer d’abord par les marchés d’actifs, les effets sur la hausse des prix des biens de consommation seront bien plus rapides.
Ce placebo d’inspiration politique ne fera rien pour résoudre les maux de l’économie américaine. La consommation additionnelle va simplement exacerber les déséquilibres, permettre aux problèmes sous jacents d’empirer, et rajouter de la pression à la hausse des prix à la consommation ainsi, éventuellement, qu’aux taux d’intérêts à long terme.
L’échec du plan de stimulation gouvernemental aura pour conséquence que le gouvernement, ainsi que les cerveaux de Wall Street, concluront que ce plan était trop faible. Leur prochaine solution sera d’en administrer une dose plus importante.
Mon pronostic est qu’au cours de ces prochaines années, des doses de plus en plus puissantes de “stimuli” ne pourront pas faire redémarrer l’économie.
Alors que la récession s’aggravera, que le dollar se dirigera vers le bas, que les prix à la consommation monteront et que les taux d’intérêts à long terme s’envoleront, les politiciens et les économistes chercheront des boucs émissaires. Très peu, probablement aucun, attribueront les problèmes aux effets toxiques du stimulus injecté.
Cependant, comme pour toutes les drogues, le risqué le plus important est l’overdose. En termes monétaires l’overdose s’appelle hyperinflation, qui détruira probablement notre économie.
J’ai pour plus cher espoir qu’un diagnostic correct soit fait avant que nous n’arrivions à ce point de non retour. Si cela implique une récession, tant pis, et en termes de baseball peut être que de passer temporairement en seconde ligue nous ferait du bien.
Bien que personne n’apprécie les effets secondaires d’une économie qui ralentit fortement, cela vaut certainement mieux que de devoir transporter notre argent avec des brouettes.
Traduit par
http://www.24hgold.com/francais/home.aspx