
Forces de l’ordre : mieux équipées et soutenues pour prévenir le ‘depolicing’?
La semaine dernière, le Cercle des représentants de la défense des policiers (CRDP), sous l’égide de l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), a tenu un colloque. Parmi les participants, Natalie Rainville et Jean-Michel Fortin de l’AFPC Québec ont discuté de divers enjeux cruciaux pour les forces de l’ordre. Au cours de l’événement, plusieurs présidents de syndicats policiers ont exprimé leur unanimité sur la nécessité pour les policiers, y compris les contrôleurs routiers, d’être mieux armés pour assurer leur sécurité et efficacité sur le terrain.
Durant le colloque, une présentation particulièrement impactante pour les représentants de la fraternité de Contrôle Routier Québec (CRQ) a été celle de Camille Faubert et Sonia Ouimet, chercheuses à l’École nationale de police du Québec (ENPQ). Leur étude portait sur le phénomène du désengagement policier, ou ‘depolicing’, mettant en évidence les résultats d’un sondage auprès de 2,738 policiers :
- Répartition par genre : 75% des répondants étaient des hommes, ce qui est représentatif de l’effectif policier au Québec;
- Ancienneté moyenne : Les policiers sondés avaient en moyenne 15 ans d’expérience;
- Représentation des grades : Tous les grades étaient représentés dans l’échantillon du sondage;
- Causes du désengagement : 22 causes possibles ont été identifiées. Les trois principales sont :
- La peur des critiques du public;
- Les conséquences possibles sur la vie professionnelle et personnelle;
- Le manque de soutien de la part de leur organisation.
- Fréquence du désengagement : 62% des policiers sondés avouent se désengager de certaines interventions au moins une fois par semaine.
Les études menées par l’ENPQ ont révélé que plusieurs officiers évitent d’intervenir dans certaines situations en raison de la crainte de répercussions négatives. Les causes de ce désengagement incluent notamment la peur du profilage racial, les confrontations publiques, et l’impact potentiel sur leur vie privée. Ces statistiques mettent en lumière les défis auxquels les policiers sont confrontés et l’impact de ces facteurs sur leur engagement professionnel, une réalité pouvant affecter les agents de CRQ.
D’autres études similaires au Canada et aux États-Unis ont documenté des tendances de désengagement chez les forces de l’ordre. Ces études ont mis en lumière diverses raisons pour lesquelles les policiers pourraient choisir de ne pas intervenir. L’AFPC est désormais en train d’étudier des moyens de subventionner cette chaire de recherche pour y inclure les contrôleurs routiers. Cette initiative vise à comprendre et à atténuer le désengagement chez les forces de l’ordre, soulignant l’importance de l’équipement adéquat et du soutien organisationnel pour leur permettre de remplir leurs fonctions de manière optimale et sécurisée.











