Bonjour,
J’aimerais apporter un autre son de cloche à la pénurie / manque d’expérience / idiots au volant de trucks dans l’industrie, qui est décrié par plusieurs dont moi-même.
Force est d’admettre que ça ne s’améliore pas sur nos routes. J’ai 49 ans, j’ai grandi parmi les trucks de mon père et ceux qu’il a chauffé partout aux USA et Canada. J’ai pas mal viré moi aussi et il me reste juste Hawaï à voir aux USA. Le Canada, je l’ai roulé partout et comme peu l’ont vu (par les « back road », chemins de bois) … Disons que j’ai fait le tour au complet.
J’ai connu comme on dit « le bon vieux temps » où tout le monde s’aidait. Ça m’amène au point de vu que je veux vous apporter : l’industrie a couru à sa perte et continue de courir…
L’idée de mettre des jeunes dans un camion n’est pas si mal en soi, mais il devrait y avoir des étapes à suivre. Du local, régional, extra provincial et par la suite international.
Dans notre temps, on était lâché lousse ou laissé à nous-mêmes avec un exemple pour les papiers de douane et go! Le rêve pour un jeune! Mais aujourd’hui, quand j’entends le mot pénurie de chauffeurs… Je n’y crois plus.
Il est vrai qu’on en manque de chauffeurs. Mais c’est voulu par l’industrie et leur manière archaïque de fonctionner et de former (supposément les nouveaux chauffeurs). C’est beau de bourrer le crâne a un nouveau chauffeur (jeune ou vieux) dans une compagnie. Mais y a-t-il un quelconque suivi? Un chauffeur qui est engagé l’été, sait-il quoi faire ou ne pas faire en hiver? Et les entretiens?
Combien tombent en panne par manque de suivi du chauffeur et de l’entretien à un garage? Camion neuf ne veut pas dire aucun entretien préventif. Combien roulent avec des pneus finis ou à moitié finis l’hiver? Il y a un grand, plutôt énorme manque à ce niveau même si plusieurs bonnes compagnies y voient et remontent la moyenne.
Jetez un coup d’œil quand vous arrêtez dans une cour de truck stop ou autre. C’est plate à dire, mais certains devraient être dénoncés à rouler avec des pneus trop usés pour les conditions hivernales (un contrôleur routier ne peut rien dire si les pneus ne sont pas finis…)
Le problème est que souvent, des camions en panne causent une réaction en chaîne juste en étant sur le bord d’une route ou autoroute, s’il n’est pas lui-même dans le champ… Le manque de formation et de suivi causent beaucoup plus de tort à l’industrie que l’on peut imaginer, et ce, sous plusieurs formes.
Manque de connaissances au volant selon le type de camion; 10 roues, 12 roues porteur ou tracteur plateforme, dompeur, citerne, roll off de remorque, plateforme fardier, dompeur fermé à copeaux, waking floor à courroie, roll off à bois, citerne…
Il existe plusieurs types de remorque que bien des gens inexpérimentés vont faire rouler et apprendre avec sur le tas. Savent-ils comment réagir sur la route avec ça? Ça s’est vu souvent des chauffeurs qui arrivent et ne savent même pas comment faire pour charger ou vider un voyage, qu’il soit jeune ou vieux.
Ceci n’est pas pour planter les jeunes, mais bien pour essayer de faire ouvrir les yeux à une industrie qui en arrache, qui doit agir avant de mourir. Quand on voit un chauffeur accusé de négligence lors d’un accident, il est facile de l’accuser ou plutôt de le planter comme on fait si bien au Québec.
Mais pourrions-nous penser à nous poser la question : est-il formé pour ça? L’équipement est-elle en condition pour faire le job, cette journée-là?
Je pense que la formation et le suivi ont leur place, comme dans toute industrie, et qu’il est temps d’embarquer dans le train au Canada…
Yvon Giguère
Son de flûtes | Lettre d'opinion

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