Janie Fleurant, une ambassadrice pour les femmes qui souhaitent devenir mécanicienne de véhicules lourds

À l’occasion de la journée internationale de la femme vendredi le 8 mars prochain, l’équipe de Truck Stop Québec lance une toute nouvelle série d’entrevues qui portera le nom de “Portraits de femmes”. Le projet soulignera les femmes qui se sont intégrées dans l’industrie du camionnage et qui lui apportent une belle contribution.
Janie Fleurant, mécanicienne de véhicules lourds chez Kenworth Amos

Pour célébrer le lancement de “Portraits de femmes”, nous sommes fiers de vous présenter Janie Fleurant, une jeune femme qui nous prouve qu’avec une bonne volonté, on peut atteindre tous les objectifs que l’on se fixe, même les plus ambitieux!

Être mécanicien de véhicules lourds n’est pas un travail physiquement facile et encore peu de femmes intègrent le métier, malgré la passion et le désir de se plonger les mains dans la graisse! Pour Janie, ce n’est qu’une question de perception et en y mettant les efforts nécessaires, elle a réussi à atteindre son but et pratique le métier depuis juillet 2017.

Voici donc une entrevue avec une femme qui est devenue l’exemple à suivre pour plusieurs autres dans le domaine.

Janie, qu’est-ce qui t’a poussé à choisir le métier de mécanicienne de véhicules lourds?

« Au départ, je voulais faire ma classe 1, mais n’ayant pas ma classe 5 en main, je me suis enlignée en mécanique en me disant que j’aurai ces connaissances de plus en poche. L’acquisition de mon permis classe 1 est toujours dans mes pensées! D’autant plus que c’est toujours utile de savoir se réparer quand on en a les capacités 💪. »

Comment vis-tu le métier au quotidien, en tant que femme?

« Je vis le métier très bien. Les jokes et les niaiseries qui peuvent se dire : j’adore! Et, je suis aussi capable d’en sortir des pas pires ou d’en beurrer plus épais 🙈. Depuis un certain âge, choisir un travail physique était déjà envisagé, et j’ai toujours préféré côtoyer les gars. Je ne regrette pas le cheminement que j’ai fait pour me rendre où je suis aujourd’hui. Que ce soit à l’ÉMEMM (École des Métiers de l’Équipement Motorisé de Montréal) ou présentement au travail, ça m’a permis de rencontrer tellement de gens géniaux et présents dans ma vie 😊. »

En tant que femme dans un métier d’homme, t’arrive-t-il de recevoir des commentaires déplaisants?

« Il arrive parfois que certaines phrases s’échappent, la vie ne peut pas toujours être belle. Je commence à forger mon attitude envers les mots blessants et les phrases dégradantes, soit j’ignore, soit je réponds. Mais sinon! Je ne suis pas mise à part du lot, je fais partie de la famille. Ils me demandent d’aller leur donner un coup de main, tout comme ils peuvent m’emprunter un quelconque outil, et vice-versa bien entendu! Quelques camionneurs disent que la place d’une femme n’est pas dans un garage, mais certains sont venus me valoriser, me disant qu’ils trouvent ça le fun de voir une mécanicienne et que ça fait changement… Sûrement plus beau à regarder! 😝 »

Sens-tu que tu as eu plus de difficulté à avoir un travail ou à t’intégrer?

« Non pas du tout! Le manque de personnel dans le domaine garde les portes ouvertes. En finissant mon D.E.P., j’avais au moins trois garages pouvant m’offrir une place. Il y a, encore là, des employeurs qui refuseront tout de même d’avoir une mécanicienne dans leur shop. Pour ce qui est de m’intégrer aux autres, mon sourire et ma bonne humeur contagieuse m’ont personnellement beaucoup aidé à laisser ma gêne dans un petit coin face au nouvel environnement dans lequel je me lançais. »

Le métier de mécanicien est dure physiquement, même certains hommes trouvent cela difficile. Je suis persuadée que des tâches, il y en a pour tout le monde dans un garage, et ça ne prend pas nécessairement une grande force physique pour travailler, par exemple, sur un moteur. Mais, je ne suis certainement pas la seule à me poser la question : comment fais-tu pour réussir à pratiquer le métier, est-ce un “handicape” d’être une femme dans un garage?

« Je parviens à trouver le moyen de moyenner! Par exemple : rabouter une deuxième clé à la première, allonger une barre de force avec un bout de tuyau… Parfois, il m’arrive de forcer avec ma jambe, ou quand je suis couchée et que je manque de force avec mes bras, je m’arrange pour pousser avec mon avant bras plutôt que mes mains. Pour embarquer un “drum”, je me sers principalement de mes jambes, évitant par le fait même d’aggraver la condition de mon dos. Il y a aussi la possibilité d’aller voir un collègue de travail avec un joli sourire… ou avec un air frustré, ça fonctionne aussi haha! D’un autre côté, les garages sont beaucoup mieux équipés maintenant, ce qui requiert moins de force et engendre moins de blessures physiques également. »
Janie Fleurant, mécanicienne de véhicules lourds chez Kenworth Amos

Que voudrais-tu dire aux autres femmes qui aimeraient devenir mécanicienne de véhicules lourds, ou intégrer tout autre métier majoritairement pratiqué par des hommes?

« Ne vous imposez pas de barrières et il n’est jamais trop tard. Tout métier s’apprend, il ne suffit que de commencer quelque part. Pour ma part, ça a été d’aller faire élève d’un jour. Dès que j’ai posé les pieds dans l’atelier, mon inscription au cours était certaine : je bavais presque! Ne pensez pas à ce que les autres pourraient penser ou dire de votre choix, soyez fières et montrez votre valeur! »

Nous souhaitons à Janie encore de belles années à vivre sa passion et nous saluons ses collègues de travail chez Kenworth Amos! Merci.

Portraits de femmes – Ce sont des routières professionnelles, des mécaniciennes, des répartitrices, des femmes de camionneurs, des formatrices qui participent à l’industrie du transport routier et qui la font grandir par leur force de caractère et leur passion sans limites ni frontières. Des grandes dames du camionnage que nous vous présenterons mensuellement.

Portraits de femmes, présenté par Truck Stop Québec
Sophie Jacob, rédactrice en chef