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PTET : Québec veut garder les travailleurs étrangers déjà en poste

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PTET : Québec veut garder les travailleurs étrangers déjà en poste

Groupe de travailleurs étrangers dans le camionnage, symbolisant la volonté de maintenir les travailleurs étrangers temporaires au Québec u PTET qui sont déjà à l'emploi à leur poste.

La pression s’intensifie autour du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), alors que le ministre québécois de l’Immigration, Jean-François Roberge, réclame officiellement une clause de droits acquis au gouvernement fédéral.

Cette demande vise à préserver le nombre actuel de travailleurs étrangers déjà en poste au Québec, dans un contexte où les nouvelles restrictions fédérales menacent la stabilité de nombreuses entreprises, surtout en région.

Cette prise de position politique s’inscrit dans la foulée d’une lettre commune envoyée le 10 juin à l’honorable Patty Hajdu, ministre fédérale de l’Emploi, et à Jean-François Roberge lui-même, cosignée par l’Association du camionnage du Québec (ACQ) et 21 autres organisations économiques. Tous s’entendent sur un point : sans un assouplissement rapide des règles, c’est l’économie régionale, et par extension celle du Québec, qui est en péril.

Depuis les changements réglementaires de septembre dernier, les entreprises québécoises font face à une perte progressive de leur main-d’œuvre étrangère, incapable de renouveler les permis de travail. Certaines, comme Aliments Asta, ont déjà vu partir 25 employés, avec une trentaine d’autres départs anticipés. Ces pertes ne sont pas anodines. Selon un sondage de la FCEI, 90% des PME qui embauchent des TET ne croient pas pouvoir les remplacer.

La demande de M. Roberge cible particulièrement les régions, à l’exclusion de Montréal et Laval, où le taux de chômage est jugé plus élevé. Il insiste sur le fait que le maintien des TET en dehors des grands centres est « crucial pour la vitalité économique régionale », une affirmation appuyée par les données du Conseil du patronat du Québec. En 2024, seulement 93 jeunes devraient intégrer le marché du travail pour 100 départs à la retraite. Ce déséquilibre démographique rend l’immigration indispensable.

Les signataires de la lettre du 10 juin demandent un moratoire immédiat sur les restrictions imposées au PTET. Ils souhaitent notamment le retour à une durée de deux ans pour les permis à bas salaire, le relèvement du plafond à 20% pour ces postes en région, et la réintégration de la liste de traitement simplifié. Un autre point central est l’appel à créer une voie d’accès à la résidence permanente pour les TET peu qualifiés mais expérimentés.

Malgré cette mobilisation, Québec continue de plaider pour un plafonnement du nombre de résidents non permanents à 200,000, tout en précisant que les réductions devraient prioritairement viser Montréal et Laval. Un document de consultation a été déposé en juin pour planifier l’immigration de 2026 à 2029, avec des scénarios allant de 25,000 à 45,000 nouveaux immigrants permanents par année.

Pour les entreprises régionales, toutefois, la période actuelle est décisive. Elles doivent déjà planifier leurs besoins en main-d’œuvre pour 2026. Sans réponse rapide d’Ottawa, plusieurs craignent devoir ralentir leur production, refuser des contrats ou carrément fermer un quart de travail.

Dans un contexte économique déjà fragilisé par les tensions commerciales et les hausses de coûts, cette crise autour du PTET devient un enjeu central pour l’avenir économique du Québec.

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