
J.B. Hunt Transport Services s’est fixé un objectif ambitieux : réduire de 32% ses émissions de carbone d’ici 2034. Lors de l’Advanced Clean Transportation ACT Expo à Las Vegas, la présidente Shelley Simpson a annoncé que son entreprise avait déjà réalisé la moitié de cet objectif, alors même que le secteur est confronté à des échéances réglementaires strictes. Elle a ajouté que la pression évolutive pour réduire l’empreinte carbone du camionnage « n’est pas vraiment une mauvaise chose ».
Shelley Simpson a expliqué que les difficultés rencontrées par l’industrie du camionnage proviennent principalement du manque d’harmonisation entre les réglementations environnementales des différents États américains et celles au niveau fédéral. Par exemple, la Californie a mis en place de nouvelles normes en 2024, tandis que les directives fédérales ne s’appliqueront qu’aux nouveaux camions à partir de 2027. Ce décalage crée un « patchwork réglementaire », c’est-à-dire un ensemble de règles variées et parfois contradictoires selon les États, compliquant ainsi les opérations pour les entreprises qui travaillent à travers plusieurs régions. Ces réglementations, bien qu’elles favorisent le développement de technologies propres, posent des défis significatifs pour les activités commerciales interétatiques.
En matière de réduction des émissions de carbone, J.B. Hunt a surtout progressé dans le domaine ferroviaire. L’entreprise, en collaboration avec Burlington Northern Santa Fe (BNSF) Railway, a lancé l’année dernière un service qui permet de transporter des marchandises rapidement par train, ce qui pourrait enlever des millions de voyages de camion sur les autoroutes, réduisant ses émissions d’expédition de 65%. Le transport intermodal est l’une des alternatives les plus économiques pour les clients de J.B. Hunt. Plus tôt cette année, l’entreprise a acquis les actifs intermodaux de Walmart, incluant ses flottes de conteneurs et de châssis opérationnels.
La présidente de J.B. Hunt souligne que l’entreprise s’efforce également de réduire les émissions de carbone de sa vaste flotte de camions diesel. Elle précise que 24% de tout le carburant acheté est soit un mélange biologique, soit du diesel renouvelable. L’entreprise veille aussi à renouveler régulièrement sa flotte avec des camions neufs équipés des technologies les plus récentes et les plus efficaces. Elle ajoute que l’âge moyen des camions de l’entreprise est de 2,23 ans, contre une moyenne de 5,5 ans dans l’industrie.
Simpson mentionne finalement que J.B. Hunt ressent la pression de ses clients pour rendre leurs transports de marchandises plus écologiques, beaucoup étant intéressés par des solutions durables. Cependant, les clients sont souvent surpris par le coût relatif de ces solutions par rapport à leur impact carbone. Pour aider ses clients à aligner l’impact climatique de leurs envois avec leurs objectifs, l’entreprise a développé plusieurs outils, tels qu’un calculateur de carbone et un guide des meilleures pratiques pour réduire les émissions, offrant ainsi aux clients la possibilité de participer financièrement à ces efforts, mais Simpson note que personne n’a encore souscrit au programme en raison de son coût.











