- mar. 5 juil. 2011 13:06
#279410
SAINT-JÉRÔME, Qc - L'ex-cardiologue Guy Turcotte a été reconnu mardi non criminellement responsable, pour cause de troubles mentaux, relativement à l'assassinat de ses deux jeunes enfants.
Les onze jurés ont donc endossé la thèse de la défense, au sixième jour de délibérations.
Guy Turcotte avait admis avoir tué ses deux enfants — Olivier, âgé de 5 ans, et Anne-Sophie, âgée de 3 ans — en les poignardant à de multiples reprises dans leur résidence de Piedmont, dans les Laurentides, le 20 février 2009.
Me Claudia Carbonneau, l'une des procureures en charge du dossier, a commenté très brièvement l'issue du long procès, après un verdict qui constituait un échec cuisant pour la Couronne. Elle a affirmé que ses pensées étaient avec les jeunes victimes, ainsi qu'avec la famille Gaston. Visiblement ébranlée, elle a refusé d'indiquer si elle était surprise par la décision. Il s'agissait de l'une des issues possibles, s'est-elle limitée à dire.
Me Carbonneau a indiqué qu'elle se pencherait sur la possibilité de porter la cause en appel.
Quelques minutes après le prononcé du verdict, Isabelle Gaston, la mère des deux petites victimes, a fait part de sa déception face à la décision des jurés.
«C'est certain que je ne peux être satisfaite», a-t-elle dit, très digne, à sa sortie de la salle d'audiences. «Mais peu importe, même si ça avait été un meurtre au premier degré, j'en n'aurais pas été satisfaite, parce que je ne retrouverai pas mes enfants dans cette vie.» La voix nouée par l'émotion, Mme Gaston a toutefois ajouté que la fin du procès marquait une libération pour elle. Elle a expliqué qu'elle ne souhaitait pas que la Couronne fasse appel du verdict tombé mardi, et qu'elle ne témoignerait plus devant un juge.
Elle a aussi souhaité quitter l'avant-scène médiatique, afin de pouvoir guérir et prendre du mieux. Les adultes, peu importe leur état, n'ont jamais le droit de lever la main sur des enfants, a-t-elle toutefois plaidé, avant de s'effacer.
«Leur court passage dans la vie et maintenant un peu dans la vôtre devrait nous faire comprendre que les adultes n'ont pas un droit de vie ou de mort sur les enfants», a-t-elle fait valoir, en parlant d'Olivier et d'Anne-Sophie. Les parents «n'ont pas le droit à une quelconque violence, et ce, peu importe les conflits et les tourments qu'ils pourraient eux-mêmes avoir», a-t-elle ajouté.
Mme Gaston a aussi lu un message adressé à ses deux enfants, les remerciant pour leur soutien spirituel au cours des procédures judiciaires. «Olivier et Anne-Sophie, maman vous dit merci», a-t-elle difficilement réussi à prononcer. «Merci, car sans vous, je ne parviendrais pas à surmonter cette épreuve. Merci d'être là auprès de moi dans mon coeur et dans ma tête.»
Les témoins experts
La décision du jury devait reposer en grande partie sur l'évaluation de témoignages contradictoires d'experts psychiatres qui se sont succédé à la barre.
Tant la défense que la Couronne ont fait témoigner plusieurs experts, et se sont évertués à attaquer la crédibilité de ceux de la partie adverse, une joute qui représentait un défi de taille pour des jurés dépourvus de la même expertise.
Puisque l'accusé avait admis avoir tué ses deux enfants, l'acquittement n'était pas une option.
Le procès avait été l'un des plus suivis des dernières années au palais de justice de Saint-Jérôme. Des membres de la famille — au premier chef la mère des enfants, l'urgentologue Isabelle Gaston — ont assisté au long procès, et les manifestations d'émotion, incluant celles de l'accusé lui-même, y ont été fréquentes.
L'avocat de Guy Turcotte, Pierre Poupart, avait livré une plaidoirie exceptionnellement longue de quatre jours, s'emportant parfois, à l'issue d'un procès de plus de deux mois.
La procureure de la Couronne, Claudia Carbonneau, avait bouclé son argumentaire en deux heures à peine, soutenant qu'il était clair, selon elle, que l'accusé avait échafaudé un plan, qu'il était bien organisé et qu'il savait ce qu'il faisait le jour du crime.
bref quand penser vous de cette histoire
Les onze jurés ont donc endossé la thèse de la défense, au sixième jour de délibérations.
Guy Turcotte avait admis avoir tué ses deux enfants — Olivier, âgé de 5 ans, et Anne-Sophie, âgée de 3 ans — en les poignardant à de multiples reprises dans leur résidence de Piedmont, dans les Laurentides, le 20 février 2009.
Me Claudia Carbonneau, l'une des procureures en charge du dossier, a commenté très brièvement l'issue du long procès, après un verdict qui constituait un échec cuisant pour la Couronne. Elle a affirmé que ses pensées étaient avec les jeunes victimes, ainsi qu'avec la famille Gaston. Visiblement ébranlée, elle a refusé d'indiquer si elle était surprise par la décision. Il s'agissait de l'une des issues possibles, s'est-elle limitée à dire.
Me Carbonneau a indiqué qu'elle se pencherait sur la possibilité de porter la cause en appel.
Quelques minutes après le prononcé du verdict, Isabelle Gaston, la mère des deux petites victimes, a fait part de sa déception face à la décision des jurés.
«C'est certain que je ne peux être satisfaite», a-t-elle dit, très digne, à sa sortie de la salle d'audiences. «Mais peu importe, même si ça avait été un meurtre au premier degré, j'en n'aurais pas été satisfaite, parce que je ne retrouverai pas mes enfants dans cette vie.» La voix nouée par l'émotion, Mme Gaston a toutefois ajouté que la fin du procès marquait une libération pour elle. Elle a expliqué qu'elle ne souhaitait pas que la Couronne fasse appel du verdict tombé mardi, et qu'elle ne témoignerait plus devant un juge.
Elle a aussi souhaité quitter l'avant-scène médiatique, afin de pouvoir guérir et prendre du mieux. Les adultes, peu importe leur état, n'ont jamais le droit de lever la main sur des enfants, a-t-elle toutefois plaidé, avant de s'effacer.
«Leur court passage dans la vie et maintenant un peu dans la vôtre devrait nous faire comprendre que les adultes n'ont pas un droit de vie ou de mort sur les enfants», a-t-elle fait valoir, en parlant d'Olivier et d'Anne-Sophie. Les parents «n'ont pas le droit à une quelconque violence, et ce, peu importe les conflits et les tourments qu'ils pourraient eux-mêmes avoir», a-t-elle ajouté.
Mme Gaston a aussi lu un message adressé à ses deux enfants, les remerciant pour leur soutien spirituel au cours des procédures judiciaires. «Olivier et Anne-Sophie, maman vous dit merci», a-t-elle difficilement réussi à prononcer. «Merci, car sans vous, je ne parviendrais pas à surmonter cette épreuve. Merci d'être là auprès de moi dans mon coeur et dans ma tête.»
Les témoins experts
La décision du jury devait reposer en grande partie sur l'évaluation de témoignages contradictoires d'experts psychiatres qui se sont succédé à la barre.
Tant la défense que la Couronne ont fait témoigner plusieurs experts, et se sont évertués à attaquer la crédibilité de ceux de la partie adverse, une joute qui représentait un défi de taille pour des jurés dépourvus de la même expertise.
Puisque l'accusé avait admis avoir tué ses deux enfants, l'acquittement n'était pas une option.
Le procès avait été l'un des plus suivis des dernières années au palais de justice de Saint-Jérôme. Des membres de la famille — au premier chef la mère des enfants, l'urgentologue Isabelle Gaston — ont assisté au long procès, et les manifestations d'émotion, incluant celles de l'accusé lui-même, y ont été fréquentes.
L'avocat de Guy Turcotte, Pierre Poupart, avait livré une plaidoirie exceptionnellement longue de quatre jours, s'emportant parfois, à l'issue d'un procès de plus de deux mois.
La procureure de la Couronne, Claudia Carbonneau, avait bouclé son argumentaire en deux heures à peine, soutenant qu'il était clair, selon elle, que l'accusé avait échafaudé un plan, qu'il était bien organisé et qu'il savait ce qu'il faisait le jour du crime.
bref quand penser vous de cette histoire


