
L’histoire suivante, écrite par Clark Kauffman du « Iowa Capital Dispatch« , révèle une affaire complexe de racket et de fraude impliquant deux entreprises de camionnage en Iowa. Ces sociétés sont accusées d’avoir obtenu de la main-d’œuvre bon marché d’Afrique du Sud grâce à une opération fictive d’élevage de bétail.
Les entreprises Kuchenbecker Excavating et H&S Farms-Livestock, ainsi que leurs propriétaires et une société de placement de travailleurs basée dans le Tennessee, Golden Opportunities International, font face à des accusations de racket et de fraude. Selon l’organisation nationale à but non lucratif Farmworker Justice et Iowa Legal Aid, les accusés se sont livrés à de multiples actes de fraude, notamment en matière de visas, de communication électronique et de contrats de travail étrangers.
Les sociétés sont accusées d’engager théoriquement des travailleurs migrants pour des travaux agricoles saisonniers, mais dans la pratique, elles les emploient comme chauffeurs routiers pour de longues distances. Carel Hanekom, un Sud-Africain de 59 ans, illustre parfaitement cette situation. Venu aux États-Unis avec un visa H-2A de travailleur étranger temporaire pour un emploi supposé être rémunéré à 17 dollars de l’heure, plus logement et repas, il a finalement été engagé comme chauffeur de camion.
Hanekom a accepté ce poste et a quitté son domicile en Afrique du Sud pour Rake, en Iowa, où il a travaillé comme chauffeur routier longue distance. Il passait la plupart de ses nuits dans des hôtels, transportant des chargements de roches pour la construction d’une nouvelle piste d’aéroport militaire et de matériaux pour un pont et une centrale électrique. Selon le procès, Hanekom a dû payer ses repas sur la route avec son propre argent. Son salaire horaire était apparemment bien inférieur au salaire habituel pour la conduite de camions lourds non agricoles.
Cette pratique frauduleuse aurait non seulement lésé Hanekom et d’autres travailleurs sud-africains, mais également faussé le marché du travail pour les chauffeurs routiers américains. De plus, les entreprises auraient éludé les exigences d’emploi saisonnier du programme H-2A en transférant ces travailleurs entre elles tous les six mois.
Cette affaire met en lumière des problèmes systémiques dans la surveillance des programmes de travailleurs invités par le gouvernement fédéral. La rareté des enquêtes et le manque de mesures d’exécution contribuent à un environnement où de telles fraudes peuvent prospérer. L’affaire, qui cherche des dommages-intérêts non spécifiés pour racket, fraude et autres violations, est un cri d’alarme sur la nécessité d’une réglementation et d’une application plus strictes dans ce domaine aux États-Unis.
Au Canada, un reportage d’enquête par Kathy Tomlinson, publié dans le Globe and Mail en octobre 2019, a révélé des cas où des travailleurs étrangers temporaires dans l’industrie du camionnage canadien ont été embauchés sans expérience ni formation adéquate, et parfois même contraints de payer des sommes importantes pour obtenir un emploi de chauffeur. Ces pratiques ont été décrites comme un « cauchemar » par certains travailleurs concernés.











