Vendredi 17 mai 2019 | La légalisation de la marijuana au Canada et dans de nombreux états américains soulèvent l’inquiétude de plusieurs intervenants de l’industrie du camionnage. Chez nos voisins du sud, ce sont maintenant 10 états, ainsi que le District de Columbia, qui ont légalisé la marijuana récréative.

Les routiers sont de plus en plus contraints à partager la route avec des usagers qui conduisent sous l’influence de la marijuana, selon un rapport publié par l’Institut de recherche du transport américain (ATRI), ce qui soulève une inquiétude grandissante.

Au Canada, le pourcentage des conducteurs positifs à un test de dépistage de drogue surpasse maintenant les conducteurs positifs à l’alcool lors d’accidents routiers, avec 40% pour la drogue par rapport à 33% pour l’alcool. Le Gouvernement du Canada précise d’ailleurs sur son site que la conduite avec les facultés affaiblies est la principale cause criminelle de décès et de blessures au pays, et que la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue est en hausse.

Selon Statistique Canada, un consommateur sur sept affirme avoir conduit au moins une fois à l’intérieur d’une fenêtre de deux heures suivant la consommation de cannabis au cours des trois derniers mois. Un canadien sur vingt affirme avoir été passager d’un véhicule conduit par une personne sous l’influence du cannabis. L’Assurance Publique du Manitoba a conclu que 10% des conducteurs ont testé positifs à la drogue lors d’une recherche menée sur la route, dont plus de la moitié à la marijuana.

Chez les routiers, rien ne prouve pour le moment que l’usage de la marijuana aurait augmenté. Toutefois, aux États-Unis, un chauffeur qui avait consommé de l’huile de CBD a intenté une poursuite à l’endroit du vendeur, qui lui avait garanti qu’il n’y avait pas de traces de THC dans son produit. Le routier avait testé positif au THC à son travail et a perdu son emploi. La prudence est de mise…

Les études démontrent que les jeunes sont plus enclins à conduire sous l’influence de la marijuana, pour le simple fait qu’ils sont moins portés à croire que la drogue peut affaiblir leur faculté de conduite, toujours selon les recherches.

« En tant que camionneur professionnel, la sécurité est une responsabilité que l’on partage avec tous les autres usagers de la route », commente Steve Vaughn, vice-président des opérations de HELP Inc. « Si vous voyez un véhicule plus lent qui est instable dans sa voie, un conducteur qui hésite peut-être à prendre des décisions ou qui réagit lentement, d’abord, restez à l’abri du danger. Prenez vos distances et dépassez le véhicule seulement lorsque c’est sécuritaire. »
« Ensuite, il faut rapporter l’événement aux autorités policières ou aviser le répartiteur pour transmettre les informations. Ça peut être l’alcool, la drogue, ou même un malaise physique, mais il faut garder en tête que le plus important est la sécurité de tous, incluant celle du conducteur lui-même. Cette situation demande l’intervention des policiers. Comme le rapporte les études, l’influence de la marijuana pourrait devenir de plus en plus importante. »
Sophie Jacob, rédactrice en chef

Steve Vaughn, Canada.ca, MADD, Statistiques Canada