Justin Trudeau promet que l’argent perçu par la taxe carbone qu’il souhaite imposer sera remis aux ménages et qu’ils en bénéficieront. On dit que la taxe carbone coûtera entre 400$ et 500$ par famille annuellement. Nous avons demandé à M. Berthold, député fédéral conservateur de Mégantic-L’Érable, qu’elle aurait été la position de M. Harper sur la taxe carbone s’il avait été encore au pouvoir?

« Je ne peux pas répondre sur ce que ça aurait été, mais je peux vous dire ce que ce sera avec le parti conservateur au pouvoir. M. Andrew Scheer a déjà fait connaître sa position et l’un des premiers gestes du parti sera d’abolir la taxe sur le carbone. On observe moins les effets au Québec parce que nous sommes dans le marché du carbone, ce n’est pas la même réalité. Mais si ça coûte plus cher ailleurs, il y aura quand même des répercussions pour le Québec. »

Selon le site e-RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), la Taxe Carbone est un impôt environnemental direct, proportionnel aux quantités de dioxyde de carbone (CO2) émises lors de la production et/ou de l’usage d’une ressource, d’un bien ou d’un service. Selon les modalités de prélèvement, elle peut être payée en amont sur l’utilisation des énergies fossiles, ou en aval par le consommateur.

L’objectif premier de la Taxe Carbone s’inscrit dans le cadre des mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de CO2, le plus courant des gaz à effet de serre. Elle vise à sanctionner financièrement ces émissions, sur le principe du pollueur-payeur, et donc à inciter les producteurs et consommateurs à des pratiques plus vertueuses dans ce domaine.

« Je voyage souvent à Gatineau et je fais souvent le plein du côté de l’Ontario parce que c’est moins cher. Les régions qui sont près des États-Unis ont aussi de meilleurs prix sur le carburant et c’est l’effet de la taxe carbone » explique M. Berthold.
« Au Québec, nous n’entendons pas parler de la taxe carbone parce qu’elle est déjà présente sous le nom de bourse du carbone. Ce sont les entreprises elles-mêmes qui la gèrent et qui achètent des crédits de carbone donc c’est dans le prix des produits plus que sur une taxe. »

En fait, la bourse carbone est un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre produits par les grandes entreprises. Le gouvernement impose une limite aux émissions de GES des entreprises les plus polluantes, qui diminue progressivement chaque année afin d’inciter les entreprises à adopter des pratiques écoresponsables. Les entreprises peuvent s’échanger entre elles les droits d’émission non utilisés.

Toutefois, la hausse des prix du carbone ne semble pas permettre d’engendrer des modifications de comportement qui se traduiront par des réductions de GES au Québec, puisqu’il n’est pas en voie d’atteindre ses objectifs pour 2030, selon l’Institut Economique de Montréal.

« En plus, les secteurs de l’agriculture et de la gestion des déchets sont exemptés de tout effort, de même que les entreprises soumises à la concurrence internationale, ce qui signifie que les autres secteurs soumis au marché du carbone devront en faire plus » explique-t-elle dans le Journal de Montréal.
« Il faut également savoir que les entreprises n’absorbent pas les coûts que le gouvernement lui impose, ce sont les consommateurs qui payent. Je n’ai jamais vu une entreprise absorber les coûts » ajoute M. Berthold.
« Au Québec, le système de la taxe carbone est déjà intégré par la bourse carbone, contrairement aux autres provinces où le gouvernement fédéral veut imposer une taxe sur le carbone. Plusieurs provinces sont contre, donc le gouvernement veut l’imposer et retourner au citoyen l’argent perçu. Mais, ça coûte cher à administrer donc ce ne sera tout l’argent perçu qui sera rendu aux citoyens » poursuit le député conservateur.
« Ce n’est pas un plan vert, c’est un plan de taxation. Chaque fois qu’il y a un problème, on dirait que la solution libérale est de taxer! Et c’est le contribuable qui paie. »

Germain Belzile est chercheur associé senior et il citait dans une note publiée à l’Institut Économique de Montréal :

« Si une approche qui englobe au minimum l’Amérique du Nord n’est pas envisageable, on devrait s’en remettre au progrès technologique et à l’innovation. Ça ne prendra pas plus de temps pour atteindre nos objectifs, mais on va au moins cesser le gaspillage. »