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Le vendeur de crayons

Publié : ven. 9 juin 2006 09:14
par L'Acadien
Voici un texte écrit par Isidore Dugas, que je trouve très beau. Ce texte est tirer du Livre d’Isidore, « À vous de Croire »
.
Que voyez-vous en faisant face à quelqu’un qui vous inspire la pitié ? Comment réagissez-vous ? Avez-vous le réflexe de le considérer votre égal comme être humain ou sentez-vous que la vie que vous menez à plus de valeur que la sienne ? Avez-vous l’impression que vous être en avance sur lui ou elle ? Que vous avez quelque chose qu’Il n’a pas ? Croyez-vous que cette personne que vous regardez de haut a perdu sa dignité ? Il est souvent difficile de s’attribuer le mérite de traiter toute le monde de la façon dont on voudrait soi-même être traité. La race humaine a tendance à établir sa valeur en la comparant à celle des autres.
Dans l’histoire qui suit, voici ce qui peut arriver lorsque l’on rajuste au neutre son schème de références.
Il n’y a pas très longtemps, un homme d’affaire de Montréal qui marchait d’un pas hâtif vers l’arrêt d’autobus heurte un mendiant à la barbe longue et aux vêtements trop grand qui vend des crayons. Alors qu’il surveille l’autobus du coin de l’œil, l’homme sort de sa poche un dollar, et s’engouffre dans l’autobus sans réclamer son crayon. Mais juste avant que l’autobus ne redémarre, il descend et se présente au mendiant. « Monsieur, lui dit-il, je vous dois des excuses. J’ai oublier de prendre mes crayons. » Le mendiant lui tend la marchandise sans trop comprendre l’attitude de son bienfaiteur. « J’espère que je ne vous ai pas choqué ou humilié », poursuit le monsieur. Après tout, vous être en affaire, comme moi, et je suis certain que vous avez à cœur la satisfaction de vos clients. » Le mendiant lui répond timidement « Oui, oui merci bien. » Puis, il baisse la tête en espérant que son client ne change pas de ton et commence à l’engueuler. « C’est à moi a vous remercié, et bon succès dans vos ventes aujourd’hui », lui dit l’homme d’affaires avant de s’engouffrer dans l’autobus qui vient de s’arrêter.
Quelque mois plus tard, dans une importante rencontre de gens d’affaire, un représentant vêtu d’un complet bien taillé, valise à la main, s’approche de l’homme qui avait acheté des crayons. « Bonjour monsieur, lui dit le représentant. Vous ne me reconnaissez sûrement pas, mais moi je me souviendrai toujours de vous. Vous être celui qui ma rendu ma fierté et ma dignité. Aujourd’hui, je ne vends plus de crayons sur le bord de la rue. Je vends des maisons et des édifices. C’est grâce à vous, et je vous en remercie ! » L’Homme d’affaires le scrute de près et, sous le complet bien taillé et la chemise blanche, il distingue enfin celui qu’il avait craint d’avoir offusqué en oubliant de prendre les crayons. « Vous savez, vos crayons m’ont bien servi, moi aussi ! » Lui dit-il en lui serrant la main.
Voilà une histoire qui en dit long sur la perception que l’on a des gens et l’impact qu’elle peut avoir sur leur vie. Ce n’est souvent pas la pièce de un dollar que vous jetez dans le chapeau ou la main d’un sans-abri qui fait la différence, mais l’attitude qui accompagne votre geste. Un sourire, une bonne parole, ça ne s’échange pas contre une bouteille et ça va souvent bien au-delà d’une pièce de monnaie.

Tirer du livre : À vous de croire
Isidore Dugas.

Armand

Publié : ven. 9 juin 2006 20:07
par Badhauler
j'adore cette histoire! elle est bien réel! et je m'en souviendrai, et je l'utiliserai!


Bad :wink: