article intéressant sur le transport par bateau courte dista
Publié : dim. 4 juin 2006 09:24
Transport des marchandises
On vante les bienfaits du cabotage
Sylvain Trépanier
Journal de Québec
04/06/2006 07h59
«Les administrations portuaires ont manqué le bateau!»
La métaphore est belle et elle frappe. Et elle illustre bien la conclusion à laquelle en est arrivé Yves Provencher, chargé de projet de l'Institut canadien de recherche en génie forestier, qui se penche depuis quelques années sur les possibilités qu'offre le cabotage (transport maritime sur courte distance) sur le fleuve Saint-Laurent.
Il y a quelques années, M. Provencher s'est intéressé au cabotage comme solution de rechange au camionnage entre la Côte-Nord, notamment, et les grands centre du sud du Québec. Comme il travaille dans le domaine forestier, il se tourne naturellement vers les grandes compagnies forestières pour tâter l'intérêt. Niet.
Kruger embarque
La multinationale Kruger renifle l'affaire, trouve que l'idée vaut la peine d'être étudiée, mais n'a pas un sou à mettre dans une étude de faisabilité.
Yves Provencher se tourne vers le ministère des Transports du Québec, qui lui offre le financement nécessaire à l'étude de faisabilité.
Sur papier, le cabotage offre des possibilités très intéressantes, mais il faut convaincre beaucoup de monde.
«Kruger, à Baie-Comeau, a décidé de travailler avec nous», a raconté Yves Provencher. Il y a deux ans, le premier voyage-test a été effectué entre Baie-Comeau et l'usine Wayagamack de Trois-Rivières, acquise en 2001. Dès la deuxième année, trois voyages ont été faits. Il s'agissait de prendre le bois sur la Côte-Nord et de le transporter vers Trois-Rivières par bateau plutôt que par camion.«
Aujourd'hui, les voyages sont beaucoup plus fréquents et ont permis à Kruger de réaliser des économies, a mentionné M. Provencher.
18 000 voyages de moins
«Juste avec les voyages de copeaux de bois effectués par Kruger, on a diminué de 18 000 le nombre de mouvements de camions sur la 138, entre la Côte-Nord et Trois-Rivières. On use moins la route, les émissions de gaz à effet de serre sont beaucoup moindres (9 000 tonnes par année) et on utilise une autoroute naturelle en diminuant la congestion dans les centres urbains», a expliqué le chercheur.
Ce qui a l'air d'un conte de fées n'en est pourtant pas un, et le cabotage n'est pas une panacée.
«On multiplie les intermédiaires. Une compagnie de camionnage prend la marchandise du point A et l'amène au point B. Avec le cabotage, on la prend au point A, on l'amène au port, on la décharge et on l'amène au point B. Le système clé en main n'existe pas encore», a ajouté Yves Provencher.
«De plus, les administrations portuaires sont très réticentes au transport maritime courte distance et ne veulent pas investir dans les infrastructures intermodales. Face au refus du Port de Trois-Rivières, Kruger a dû refaire son quai à l'usine Wayagamack avec l'aide du gouvernement du Québec.»
Pour son initiative, la compagnie Kruger a reçu dernièrement le prix Environnement de l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR).
On vante les bienfaits du cabotage
Sylvain Trépanier
Journal de Québec
04/06/2006 07h59
«Les administrations portuaires ont manqué le bateau!»
La métaphore est belle et elle frappe. Et elle illustre bien la conclusion à laquelle en est arrivé Yves Provencher, chargé de projet de l'Institut canadien de recherche en génie forestier, qui se penche depuis quelques années sur les possibilités qu'offre le cabotage (transport maritime sur courte distance) sur le fleuve Saint-Laurent.
Il y a quelques années, M. Provencher s'est intéressé au cabotage comme solution de rechange au camionnage entre la Côte-Nord, notamment, et les grands centre du sud du Québec. Comme il travaille dans le domaine forestier, il se tourne naturellement vers les grandes compagnies forestières pour tâter l'intérêt. Niet.
Kruger embarque
La multinationale Kruger renifle l'affaire, trouve que l'idée vaut la peine d'être étudiée, mais n'a pas un sou à mettre dans une étude de faisabilité.
Yves Provencher se tourne vers le ministère des Transports du Québec, qui lui offre le financement nécessaire à l'étude de faisabilité.
Sur papier, le cabotage offre des possibilités très intéressantes, mais il faut convaincre beaucoup de monde.
«Kruger, à Baie-Comeau, a décidé de travailler avec nous», a raconté Yves Provencher. Il y a deux ans, le premier voyage-test a été effectué entre Baie-Comeau et l'usine Wayagamack de Trois-Rivières, acquise en 2001. Dès la deuxième année, trois voyages ont été faits. Il s'agissait de prendre le bois sur la Côte-Nord et de le transporter vers Trois-Rivières par bateau plutôt que par camion.«
Aujourd'hui, les voyages sont beaucoup plus fréquents et ont permis à Kruger de réaliser des économies, a mentionné M. Provencher.
18 000 voyages de moins
«Juste avec les voyages de copeaux de bois effectués par Kruger, on a diminué de 18 000 le nombre de mouvements de camions sur la 138, entre la Côte-Nord et Trois-Rivières. On use moins la route, les émissions de gaz à effet de serre sont beaucoup moindres (9 000 tonnes par année) et on utilise une autoroute naturelle en diminuant la congestion dans les centres urbains», a expliqué le chercheur.
Ce qui a l'air d'un conte de fées n'en est pourtant pas un, et le cabotage n'est pas une panacée.
«On multiplie les intermédiaires. Une compagnie de camionnage prend la marchandise du point A et l'amène au point B. Avec le cabotage, on la prend au point A, on l'amène au port, on la décharge et on l'amène au point B. Le système clé en main n'existe pas encore», a ajouté Yves Provencher.
«De plus, les administrations portuaires sont très réticentes au transport maritime courte distance et ne veulent pas investir dans les infrastructures intermodales. Face au refus du Port de Trois-Rivières, Kruger a dû refaire son quai à l'usine Wayagamack avec l'aide du gouvernement du Québec.»
Pour son initiative, la compagnie Kruger a reçu dernièrement le prix Environnement de l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR).