Avenir sombre pour Provigo
Publié : ven. 11 nov. 2011 18:38
http://argent.canoe.ca/lca/affaires/que ... 64915.html
Olivier Bourque
Argent
L’épicier Provigo, acheté par Loblaw (L) à la fin des années 1990 a déjà perdu beaucoup de personnel au Québec. Et plusieurs employés des entrepôts situés à Boucherville et dans l’arrondissement Saint-Laurent ont maintenant peur de passer eux aussi dans le tordeur, a appris Argent.
Provigo a déjà fermé son entrepôt du boulevard Armand-Viau, à Québec. (Photo: Agence QMI)Par courriel, quelques travailleurs nous ont contactés dans les derniers jours. Ils ont indiqué que les emplois des deux centres de distribution montréalais seront délocalisés à Cornwall en Ontario. En tout, 600 personnes pourraient perdre leur emploi.
« C’est fait, on nous l’a dit en rencontre. La direction de Loblaw veut centraliser ses activités et déménager les entrepôts en Ontario », a confié une source bien au fait du dossier.
Contacté par Argent, le syndicat s’est tout d’abord montré circonspect. Puis, confronté aux dires de ses membres, le président a avoué que lors d’une rencontre tenue samedi dernier, le principal sujet de conversation était la délocalisation à Cornwall.
« Je n’étais pas présent lors de la rencontre. Mais c’est clair que l’éventualité d’une fermeture est sur toutes les lèvres. Et nos membres ont maintenant très peur », a souligné Alain Lachaîne, président section locale 501 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).
Selon lui, les travailleurs ont encore frais à la mémoire la fermeture de l’entrepôt de Québec effectuée après un lock-out qui s’était soldé par la perte de 400 emplois. « Depuis ce temps, les membres sont vraiment inquiets. Mais nous allons tout faire pour que l’entrepôt reste ici », a-t-il indiqué.
Selon nos informations, Loblaw a mis la main sur un terrain à Cornwall. Des sources croient que l’entreprise pourrait être tentée d’y construire un entrepôt et délocaliser les emplois montréalais.
La convention collective des employés arrive à échéance en février. Les délégués syndicaux doivent d’ailleurs se rencontrer à cet effet la semaine prochaine. « Les négociations ne sont pas amorcées avec l’employeur. La question des salaires n’est pas un problème. Ce qu’on entend, c’est qu’on souhaite davantage de flexibilité sur les horaires de travail », a relaté M. Lachaîne.
Mais selon nos sources, les dés seraient pipés et la direction de l’entreprise ne voudrait même pas entamer des discussions avec le syndicat.
Les salariés des entrepôts de Provigo gagnent environ 23 $ de l’heure. Contactée par Argent, la direction de Loblaw n’a pas retourné nos appels. La concurrence de Walmart et Target ferait énormément mal à Provigo.
Une déveine de plus
Si les rumeurs s’avèrent exactes, il s’agirait d’une nouvelle déveine pour Provigo qui n’est plus l’ombre d’elle-même depuis l’achat par Loblaw en 1998. Depuis cette transaction, le siège social situé dans l’arrondissement Saint-Laurent a perdu 600 emplois et la bannière n’affiche plus la superbe d’antan.
« On nous a abandonnés depuis longtemps, a affirmé un travailleur qui n’a pas voulu être identifié. Les Provigo ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils sont sales. Dans le fond, on le savait depuis longtemps que notre tour viendrait. »
Une vision qui rejoint celle de l’homme d’affaires Gaétan Frigon, qui a longtemps œuvré pour Métro. Il avait d’ailleurs été très critique lors d’une lettre ouverte publiée sur son blogue il y a quelques semaines.
Dans une chronique signée « Un désastre signé Loblaw », M. Frigon s’était montré impitoyable envers l’Ontarienne soulignant que la bannière a depuis longtemps été larguée.
« L’esprit qui animait les propriétaires de supermarchés Provigo avant que Loblaw en fasse l’acquisition n’y est tout simplement plus. Quand un nouveau joueur arrive, il gruge les parts de marché de Provigo. En fait, qui sont les guerriers locaux de Provigo? Je serais bien embêté de vous dire qui gère Provigo au Québec tellement toutes les décisions importantes sont maintenant prises à Toronto », avait-il écrit.
Olivier Bourque
Argent
L’épicier Provigo, acheté par Loblaw (L) à la fin des années 1990 a déjà perdu beaucoup de personnel au Québec. Et plusieurs employés des entrepôts situés à Boucherville et dans l’arrondissement Saint-Laurent ont maintenant peur de passer eux aussi dans le tordeur, a appris Argent.
Provigo a déjà fermé son entrepôt du boulevard Armand-Viau, à Québec. (Photo: Agence QMI)Par courriel, quelques travailleurs nous ont contactés dans les derniers jours. Ils ont indiqué que les emplois des deux centres de distribution montréalais seront délocalisés à Cornwall en Ontario. En tout, 600 personnes pourraient perdre leur emploi.
« C’est fait, on nous l’a dit en rencontre. La direction de Loblaw veut centraliser ses activités et déménager les entrepôts en Ontario », a confié une source bien au fait du dossier.
Contacté par Argent, le syndicat s’est tout d’abord montré circonspect. Puis, confronté aux dires de ses membres, le président a avoué que lors d’une rencontre tenue samedi dernier, le principal sujet de conversation était la délocalisation à Cornwall.
« Je n’étais pas présent lors de la rencontre. Mais c’est clair que l’éventualité d’une fermeture est sur toutes les lèvres. Et nos membres ont maintenant très peur », a souligné Alain Lachaîne, président section locale 501 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).
Selon lui, les travailleurs ont encore frais à la mémoire la fermeture de l’entrepôt de Québec effectuée après un lock-out qui s’était soldé par la perte de 400 emplois. « Depuis ce temps, les membres sont vraiment inquiets. Mais nous allons tout faire pour que l’entrepôt reste ici », a-t-il indiqué.
Selon nos informations, Loblaw a mis la main sur un terrain à Cornwall. Des sources croient que l’entreprise pourrait être tentée d’y construire un entrepôt et délocaliser les emplois montréalais.
La convention collective des employés arrive à échéance en février. Les délégués syndicaux doivent d’ailleurs se rencontrer à cet effet la semaine prochaine. « Les négociations ne sont pas amorcées avec l’employeur. La question des salaires n’est pas un problème. Ce qu’on entend, c’est qu’on souhaite davantage de flexibilité sur les horaires de travail », a relaté M. Lachaîne.
Mais selon nos sources, les dés seraient pipés et la direction de l’entreprise ne voudrait même pas entamer des discussions avec le syndicat.
Les salariés des entrepôts de Provigo gagnent environ 23 $ de l’heure. Contactée par Argent, la direction de Loblaw n’a pas retourné nos appels. La concurrence de Walmart et Target ferait énormément mal à Provigo.
Une déveine de plus
Si les rumeurs s’avèrent exactes, il s’agirait d’une nouvelle déveine pour Provigo qui n’est plus l’ombre d’elle-même depuis l’achat par Loblaw en 1998. Depuis cette transaction, le siège social situé dans l’arrondissement Saint-Laurent a perdu 600 emplois et la bannière n’affiche plus la superbe d’antan.
« On nous a abandonnés depuis longtemps, a affirmé un travailleur qui n’a pas voulu être identifié. Les Provigo ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils sont sales. Dans le fond, on le savait depuis longtemps que notre tour viendrait. »
Une vision qui rejoint celle de l’homme d’affaires Gaétan Frigon, qui a longtemps œuvré pour Métro. Il avait d’ailleurs été très critique lors d’une lettre ouverte publiée sur son blogue il y a quelques semaines.
Dans une chronique signée « Un désastre signé Loblaw », M. Frigon s’était montré impitoyable envers l’Ontarienne soulignant que la bannière a depuis longtemps été larguée.
« L’esprit qui animait les propriétaires de supermarchés Provigo avant que Loblaw en fasse l’acquisition n’y est tout simplement plus. Quand un nouveau joueur arrive, il gruge les parts de marché de Provigo. En fait, qui sont les guerriers locaux de Provigo? Je serais bien embêté de vous dire qui gère Provigo au Québec tellement toutes les décisions importantes sont maintenant prises à Toronto », avait-il écrit.