le besoin de main d'oeuvre de la part des compagnies
Publié : sam. 8 avr. 2006 23:47
ou bien de l'hypocrisie comme l'autre disait si bien...
Les Affaires
Dossier spécial, samedi 18 mars 2006, p. 41
Camionnage
Le peu de main-d'oeuvre se fait sentir
Pour attirer les jeunes, il faudrait notamment améliorer les conditions de travail
Mélanie Loisel
Si rien n'est fait, le monde du camionnage sera bientôt devant un sérieux problème de main d'oeuvre.
Les statistiques sont alarmantes. Une étude du Conseil canadien des ressources humaines en camionnage évalue que l'industrie aura besoin de 37 000 nouveaux chauffeurs par an entre 2003 et 2008. "En ce moment, il y a 4 000 postes de camionneur vacants au Québec", précise Jean-Pierre Pharand, président du Syndicat national des transporteurs routiers (SNTR-CSN).
Cette pénurie s'explique en grande partie par des départs massifs à la retraite et par le manque de relève qualifiée. Les camionneurs actuels ont en moyenne 45 ans, et seulement 5 % d'entre eux sont âgés de moins de 25 ans.
L'importance de la formation
Selon Claude Chouinard, directeur général de CAMO-Route, le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre de l'industrie du transport routier du Québec, la formation des camionneurs est un enjeu crucial. "Il est difficile pour les transporteurs de trouver des camionneurs compétents. Plusieurs écoles non reconnues promettent aux jeunes de leur obtenir la classe 1 pour conduire des poids lourds. Une fois diplômés, ces jeunes ne connaissent pas toutes les exigences du camionnage et ne répondent pas entièrement aux besoins des transporteurs."
Il faut dire que le métier ne se résume pas à conduire un poids lourd. Les conducteurs doivent être incollables en termes de sécurité routière, et donc de règles sur les heures de conduites, les charges, l'arrimage, ou encore le transport de matières dangereuses.
Jean Blanchet, responsable, communications et marketing, du Centre de formation des camionneurs de Charlesbourg, croit que le chauffeur doit aussi jouer le rôle de représentant. "Ce sont eux qui établissent le contact avec les clients, dit-il. D'où la nécessité d'être polyvalent, d'être bien informé des besoins des clients et de savoir parler anglais."
Les mieux payés
M. Pharand croit également qu'il faut revoir les conditions de travail des camionneurs.
"L'une des façons d'améliorer la qualité de vie serait de diminuer leur nombre d'heures de travail, d'augmenter leur nombre de journées de congés et de leur offrir de meilleurs salaires", dit-il. Un chauffeur gagne entre 20 000 et 60 000 $ par an. Ceux qui font de longs trajets sont généralement les mieux payés et les plus recherchés par les transporteurs.
Le hic ? Les temps sont difficiles pour certaines sociétés de transport routier. "Par exemple, les camionneurs qui desservent le Port de Montréal ne font actuellement que deux voyages par semaine, alors qu'auparavant ils en faisaient huit ou neuf", affirme Mario Sabourin, président de l'Association professionnelle des chauffeurs et chauffeuses de camions du Québec.
Et que dire de la fluctuation du prix de l'essence ? "Chaque fois que le prix passe de 90 ¢ à 1 $, ça représente des coûts quotidiens supplémentaires de 30 000 à 35 000 $ pour un transporteur à la tête d'un parc d'une centaine de camions, illustre M. Chouinard. En fait, ce sont les entreprises qui n'ont qu'un ou deux véhicules qui sont les plus sensibles aux hausses du prix de l'essence."
L'industrie du camionnage se trouve à la base de l'économie. À l'égard des recettes, c'est par camion que se font la moitié des exportations vers les États-Unis, et 78 % des importations en provenance de ce pays. Le transport routier emploie 400 000 personnes au pays, dont 55 000 camionneurs au Québec.
dossiers@transcontinental.ca
Illustration(s) :
Les camionneurs actuels ont en moyenne 45 ans, et seulement 5 % d'entre eux sont âgés de moins de 25 ans.
Les Affaires
Dossier spécial, samedi 18 mars 2006, p. 41
Camionnage
Le peu de main-d'oeuvre se fait sentir
Pour attirer les jeunes, il faudrait notamment améliorer les conditions de travail
Mélanie Loisel
Si rien n'est fait, le monde du camionnage sera bientôt devant un sérieux problème de main d'oeuvre.
Les statistiques sont alarmantes. Une étude du Conseil canadien des ressources humaines en camionnage évalue que l'industrie aura besoin de 37 000 nouveaux chauffeurs par an entre 2003 et 2008. "En ce moment, il y a 4 000 postes de camionneur vacants au Québec", précise Jean-Pierre Pharand, président du Syndicat national des transporteurs routiers (SNTR-CSN).
Cette pénurie s'explique en grande partie par des départs massifs à la retraite et par le manque de relève qualifiée. Les camionneurs actuels ont en moyenne 45 ans, et seulement 5 % d'entre eux sont âgés de moins de 25 ans.
L'importance de la formation
Selon Claude Chouinard, directeur général de CAMO-Route, le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre de l'industrie du transport routier du Québec, la formation des camionneurs est un enjeu crucial. "Il est difficile pour les transporteurs de trouver des camionneurs compétents. Plusieurs écoles non reconnues promettent aux jeunes de leur obtenir la classe 1 pour conduire des poids lourds. Une fois diplômés, ces jeunes ne connaissent pas toutes les exigences du camionnage et ne répondent pas entièrement aux besoins des transporteurs."
Il faut dire que le métier ne se résume pas à conduire un poids lourd. Les conducteurs doivent être incollables en termes de sécurité routière, et donc de règles sur les heures de conduites, les charges, l'arrimage, ou encore le transport de matières dangereuses.
Jean Blanchet, responsable, communications et marketing, du Centre de formation des camionneurs de Charlesbourg, croit que le chauffeur doit aussi jouer le rôle de représentant. "Ce sont eux qui établissent le contact avec les clients, dit-il. D'où la nécessité d'être polyvalent, d'être bien informé des besoins des clients et de savoir parler anglais."
Les mieux payés
M. Pharand croit également qu'il faut revoir les conditions de travail des camionneurs.
"L'une des façons d'améliorer la qualité de vie serait de diminuer leur nombre d'heures de travail, d'augmenter leur nombre de journées de congés et de leur offrir de meilleurs salaires", dit-il. Un chauffeur gagne entre 20 000 et 60 000 $ par an. Ceux qui font de longs trajets sont généralement les mieux payés et les plus recherchés par les transporteurs.
Le hic ? Les temps sont difficiles pour certaines sociétés de transport routier. "Par exemple, les camionneurs qui desservent le Port de Montréal ne font actuellement que deux voyages par semaine, alors qu'auparavant ils en faisaient huit ou neuf", affirme Mario Sabourin, président de l'Association professionnelle des chauffeurs et chauffeuses de camions du Québec.
Et que dire de la fluctuation du prix de l'essence ? "Chaque fois que le prix passe de 90 ¢ à 1 $, ça représente des coûts quotidiens supplémentaires de 30 000 à 35 000 $ pour un transporteur à la tête d'un parc d'une centaine de camions, illustre M. Chouinard. En fait, ce sont les entreprises qui n'ont qu'un ou deux véhicules qui sont les plus sensibles aux hausses du prix de l'essence."
L'industrie du camionnage se trouve à la base de l'économie. À l'égard des recettes, c'est par camion que se font la moitié des exportations vers les États-Unis, et 78 % des importations en provenance de ce pays. Le transport routier emploie 400 000 personnes au pays, dont 55 000 camionneurs au Québec.
dossiers@transcontinental.ca
Illustration(s) :
Les camionneurs actuels ont en moyenne 45 ans, et seulement 5 % d'entre eux sont âgés de moins de 25 ans.