Avez-vous entendu parler du groupe américain Black Smoke Matters, composé de camionneurs unis pour défendre leurs droits et intérêts? Le groupe a pris naissance sur Facebook il y a près d’un an et compte aujourd’hui près de 13,000 membres.

Black Smoke Matters a récemment annoncé sur les réseaux sociaux qu’il souhaite se mobiliser le 12 avril prochain afin de protester contre les mauvaises conditions de travail pour les routiers. Le groupe demande aux camionneurs américains d’arrêter leur transport pour la journée.

Une manifestation avait été organisé en octobre dernier, perturbant la circulation sur la i-95 à Washington DC pour plusieurs minutes, pour signaler le mécontentement des routiers concernant les restrictions excessives dans le camionnage.

La protestation vise, entre autres, à :

  • Une amélioration de la réglementation des heures de conduite et de repos, plus respectueuse de la réalité des routiers
  • Des normes au niveau de la formation et de la sécurité pour tous les conducteurs
  • Stationnement/disponibilité : les expéditeurs et les destinataires prennent trop de temps pour effectuer les déchargements
  • De l’uniformité du côté des normes de la FMCSA (Federal Motor Carriers Safety Administration) en matière de réglementation et d’inspection pour éviter les interprétations personnelles
  • Les routiers doivent avoir une voix et être impliqués dans les propositions futures pour les nouvelles réglementations

La mission du groupe Black Smoke Matters se lit comme suit sur internet : « Lorsqu’un gouvernement, quelle que soit sa forme, s’éloigne de ses buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir. »

Toutefois, Chuck Biddles, l’un des administrateurs et fondateurs de la page, a fait une vidéo en direct sur Facebook jeudi après-midi dans le but de réparer la confusion qui aurait été créer dans le groupe concernant l’appel à la manifestation des camionneurs :

« Black Smoke Matters ne soutient pas la fermeture des autoroutes. C’est mon opinion, ma croyance, mon idée, c’est moi personnellement et seulement. Si vous ne croyez pas en la fermeture des autoroutes, ne le faites pas. Point. Je ne force personne à le faire et je ne pointe pas une arme sur votre tempe. Tout ce que j’ai fait, c’est donner une opinion, une idée qui pouvait peut-être fonctionner. »

Selon Chad Teague, camionneur depuis 2001, même s’il appuie les objectifs du groupe, la manière d’obtenir un changement demeure pour lui le problème :

« Tenter de fermer des autoroutes et de perturber les affaires est un acte terroriste. La bonne façon de faire serait de commencer une pétition auprès de la Maison Blanche et si le groupe obtient 160,000 signatures, le président devra y répondre directement. Ils doivent comprendre qu’il existe un moyen positif de faire changer les choses et que leur initiative ne fera qu’empirer l’image des camionneurs. Nous avons déjà une mauvaise réputation. »  
« Il faut comprendre que la guerre ne doit pas avoir lieu entre nous ; nous devons cesser de nous pointer du doigt et de remettre nos façons de faire en question » ajoute Biddles. « Cela doit se terminer. Nous devons nous concentrer là où la guerre nous appelle – le gouvernement, les grands transporteurs, et l’ATA (association du camionnage américain). Si vous ne voulez pas participer à la fermeture des autoroutes, ne le faites pas. Si vous le souhaitez, vous pouvez bloquer les entrées des méga-transporteurs, si vous pensez que c’est plus approprié. Le 12 avril se veut une date limite… Si nous n’avons pas l’aide du FMCSA, nous débuterons alors les protestations. »

Ray Martinez du FMCSA qui est très impliqué auprès des camionneurs et des transporteurs américains, avait commenté au Mid-America truck show :

« Je suis chargé par le président et le secrétaire de jeter un œil à la réglementation de la première à la dernière ligne. Je ne peux pas changer les lois, mais je peux regarder. »

Martinez a noté que l’introduction du ELOG pouvait avoir apporté de nouveaux problèmes dans le cadre de la réglementation sur les heures de service. À cette fin, la FMCSA a émis un avis préliminaire sollicitant les commentaires des transporteurs et des camionneurs sur les modifications proposées aux règles qui sont en place.

« Quand les gens me disent qu’ils sont serrés dans le temps, et qu’ils sont bloqués pendant 3, 5 ou 6 heures… Je ne suis pas certain de comprendre comment cela se produit, mais je suis certain que ça se produit » explique-t-il. « Y a-t-il des gens qui abusent du système? Est-ce que des gens ont été mis dans cette position régulièrement? C’est quelque chose que nous devons savoir. »

 

Source : Freightwaves
Traduit par Sophie Jacob, rédactrice en chef