C’est dans une campagne pour les élections fédérales canadiennes que nous débutons l’année 2019 et les politiciens communiquent de part et d’autre leurs intentions pour faire élire leur parti à la tête du pays.

Nous avons vu les annonces du gouvernement Justin Trudeau dernièrement, comme par exemple sur la taxe de carbone, et son comportement gênant pendant son fameux voyage en Inde. Et que dire de la légalisation précipitée du cannabis?

À ce sujet, le Toronto Sun nous apprenait que les nouveaux producteurs, dont les investisseurs sont d’anciens amis et ministres du parti libéral, préféraient vendre leur production à des pays étrangers comme l’Allemagne, qui paierait jusqu’à 11$ le gramme alors qu’il est payé 4$ au Canada par les sociétés provinciales, expliquant ainsi la pénurie des produits en magasin. Ce qui met en évidence la pression qui pesait sur Trudeau pour la légalisation précipitée du cannabis…

« Il fallait faire quelque chose pour nos jeunes effectivement, mais devions-nous prendre un virage de 180 degrés? » demande Luc Berthold, le député fédéral conservateur de Mégantic-L’Érable, que nous avons reçu dans nos studios le 14 janvier dernier.
« Les seuls qui ont fait de l’argent et des bénéfices, ce sont ceux qui ont investi en bourse. Les libéraux sont majoritaires. Ils ont nommé de nombreux sénateurs, mais des sénateurs indépendants qui votent à 95% dans le même sens que le gouvernement. L’indépendance est très relative! » s’exclame M. Berthold. « Nous avons essayé de faire en sorte de forcer les compagnies à dévoiler qui sont les actionnaires des entreprises dans le dossier du pot et malheureusement, ça a été battu au sénat. Pourtant, quand on parle de marijuana, il me semble que la transparence est importante et jamais un gouvernement n’a été aussi fermé… »

Notons que pour aller aux États-Unis dans le transport routier, les camionneurs doivent se soumettre aléatoirement à des tests de dépistage de drogues et d’alcool. Les gestionnaires se posent la question : devons-nous faire plus de tests de dépistage?

Selon Me Sarah Routhier et Me Pierre-Olivier Ménard Dumas, qui ont fait une entrevue avec le Centre de formation en Transport de Charlesbourg, il est obligatoire pour les camionneurs qui roulent aux États-Unis de continuer à se soumettre à la réglementation américaine qui elle, n’a pas changé.

Du côté canadien, les routiers qui travaillent uniquement du côté nord de la frontière n’ont pas le droit de fumer du cannabis dans les camions parce que les camions sont un milieu de travail au sens de la loi.

« Selon la Commission de la Santé et de la Sécurité au Travail, ce n’est pas sécuritaire de conduire avec les facultés affaiblies, que ce soit en raison de l’alcool ou de la drogue. Ce n’est pas parce que c’est légal d’en acheter que c’est sécuritaire de conduire sous leurs effets. »

Me Ménard Dumas aurait discuter avec des scientifiques qui semblent croire qu’il est dangereux de conduire jusqu’à 6 heures après la consommation de cannabis. Donc, même si un camionneur consomme à l’extérieur de son camion, la consommation crée de l’inconfort pour les propriétaires de flotte et pour la sécurité publique. Même si le routier est hors service, qu’arrive-t-il si celui-ci doit déplacer le camion pour une raison ou une autre? Attendra-t-il assez longtemps avant de reprendre le volant, les effets se seront-ils bien dissipés, en tenant compte de sa physionomie, de la quantité et de ses habitudes de consommation?

Pour le moment, les avocats affirment que les transporteurs ne semblent pas inquiets par rapport à leurs employés, mais ils souhaitent être préparé pour affronter la situation. Ne manque-t-il pas d’uniformité dans les lois qui entourent la question de la légalisation et de la consommation?

« Le projet a été totalement improvisé et précipité. Premièrement, les programmes de prévention ont débuté après la légalisation. On commence tout juste à voir les annonces visant les jeunes qui consomment de la marijuana. Deuxièmement, même les sociétés de l’état ne sont pas capables de fournir le produit! Et le plus ridicule, pour contrer les lignes d’attente, on ouvre une journée d’avance mais il n’y a pas plus de marchandise dans les magasins! On transfère la ligne d’attente du jeudi au mercredi… » explique M. Berthold.
« Ça a été improvisé auprès des policiers qui n’étaient pas prêts pour faire les dépistages. Improvisé par rapport à la capacité d’approvisionnement dans le marché. La seule chose qui n’a pas été improvisé, c’est la valeur que les actions ont pris avant la légalisation! Avec tout ça, c’est certain qu’il y aura des causes à surveiller dans les prochaines années dans nos tribunaux. »
« Si le parti conservateur rentre au pouvoir, nous allons décriminaliser la marijuana. La différence entre la décriminalisation et la légalisation, c’est que ça demeure interdit, mais sous forme pénale. Les gens qui se font prendre à consommer reçoivent un billet d’infraction, comme quand on fait un excès de vitesse sur la route. »
« L’objectif est d’aider les gens à moins consommer et aider les jeunes à se tenir loin de la drogue. Si, après un certain nombre d’années, on constate que ça ne fonctionne pas, ou que ça fonctionne bien, on peut avancer vers un autre changement. Mais, on ne fait pas les choses aussi drastiquement ou de manière improvisée comme ça a été fait. »

« L’exemple le plus pathétique qui démontre hors de tout doute que Justin Trudeau est davantage préoccupé par ses amis producteurs de pot, ses amis des médias ou la reconnaissance de privilèges pour les criminels incarcérés, c’est l’immobilisme de ce gouvernement dans le dossier de la prostitution juvénile. En 2015, les deux Chambres avaient adopté unanimement la loi 452 sur la Traite des personnes. 4 ans après, cette loi n’est toujours pas en vigueur et chaque semaine des proxénètes exploitent des fillettes de 13, 14 ou 15 ans sans que les policiers aient les outils légaux efficaces pour mettre un terme à de telles exploitations » a écrit le Sénateur Pierre-Hugues Boisvenu sur Facebook.

Un autre dossier qui prouve de l’inefficacité du gouvernement Trudeau.

Pour écouter le podcast du 14 janvier avec M. Luc Berthold, cliquez ici!

Sophie Jacob, rédactrice en chef