Les milléniaux ont entre 18 et 36 ans, et sont ceux que les générations précédentes caractérisent souvent de paresseux, narcissiques, à qui tout est dû. Ils sont rivés sur leurs écrans et ils ont du mal à s’engager dans un horaire de 9 à 5.

 

Dans les faits, ils comptent pour 37% de la population disponible pour travailler au Canada. Dans le transport routier, toutefois, nous dénombrions seulement 18% de milléniaux en 2006, et le pourcentage chutait à 14 en 2011, alors qu’il augmentait de plus de 5% chez les boomers. Et la plupart des boomers prendront leur retraire au cours des années prochaines…

Pour attirer et retenir les milléniaux dans le transport, nous devons avant tout démystifier les mythes qui les entourent, connaître et répondre à leurs besoins.

Est-ce que l’industrie du camionnage se donnera les moyens de s’ajuster? Les transporteurs qui ne l’envisagent toujours pas devront mettre de plus en plus d’énergie à résister aux nouvelles générations, de qui ils dépendront inévitablement pour rester compétitifs et vivants sur le marché!

Démystifier les milléniaux

Les milléniaux sont paresseux. Voilà le mythe le plus connu à leur sujet, mais aussi, celui qui ne tient pas la route face aux études. Selon Statistiques Canada, 86% des milléniaux étaient sur le marché du travail en 2017, soit un des taux les plus hauts d’emploi au Canada, et ces chiffres tendent à croitre.

Un sondage réalisé par Allianz démontre également que les milléniaux sont plus susceptibles de ne pas utiliser leurs journées de vacances que toute autre génération. Ce sont 48% des milléniaux qui ne les réclament pas, en partie ou en totalité.

Selon Nathalie Tremblay, CRHA et consultante en développement organisationnel chez NT Services Conseils, les milléniaux ont besoin de liberté, il n’est pas question de paresse. Plus de flexibilité dans leur horaire de travail est devenue une condition essentielle pour eux! Ils sont moins portés sur le 9-5, mais envoyez-leurs une question sur Messenger samedi soir et ils vous répondront, pendant qu’ils sont à la table…

Les milléniaux ont grandi à l’ère des réseaux sociaux et font également parti de la génération du « trophée de participation ». Mais, cela les rendent-ils narcissiques, recherchent-ils vraiment la validation et l’admiration de leur supérieur pour mieux performer? En fait, ce qu’ils cherchent, c’est surtout à communiquer! Ils prônent la communication, la transparence et l’équité. Et, ils veulent un patron qui les inspirera à se dépasser. Les donneurs d’ordre feront bientôt partis du passé…

« Si comme employeur je prétends pratiquer un management participatif et des valeurs de transparence, mais que dans les faits c’est faux, les milléniaux vont partir rapidement » explique Nathalie Tremblay.

Les milléniaux ne restent pas dans une entreprise qui ne répond pas à leurs attentes, ils ont besoin d’évoluer autant sur le plan personnel que professionnel. Si un transporteur recrute un millénial par une vente qui n’a rien à voir avec la réalité, le millénial quittera rapidement, les milléniaux ayant une moyenne de deux ans chez le même employeur…

Et, il a une grande facilité à communiquer, particulièrement sur les réseaux sociaux! Préservez votre image et soyez vrais.

Les milléniaux ont appris des boomers à être sûrs d’eux et sont généralement capables d’exprimer de fortes opinions, sans égards au statut ou à la classe sociale. Parfois, il semble que tout leur est dû, alors qu’ils ont simplement une facilité à exprimer leurs besoins, leurs limites, et leurs visions. Toutefois, rien n’indique qu’ils ne sont pas prêts à travailler fort pour combler leurs attentes. Selon Nathalie Tremblay, c’est une génération ambitieuse, mais qui manque de patience.

« Ils veulent se sentir impliqués et être autonomes. Il faut leur donner des responsabilités, mais aussi leur apprendre à être patients. » 

Depuis qu’ils sont tout-petits, ils ont la réponse à tout au bout des doigts… Ils sont nés dans une ère d’immédiateté! Pouvons-nous leur reprocher?

Dans la prochaine chronique : Comment attirer et garder les milléniaux dans le transport. Une émission spéciale se tiendra également sur les ondes de Truck Stop Québec avec plusieurs intervenants de qualité. Restez à l’affût!

Sophie Jacob, rédactrice en chef

 

Sources : Journal de Montréal, Jobillico, Ranstad, Le Droit, Isaac, Statistiques Canada, Randall Reilly