Nous avons une démonstration publique sans équivoque de l’importance des camionneurs et des entreprises de transport au sein de l’économie et de la population depuis le début de la pandémie de la Covid-19.

Bien que ce soit une juste reconnaissance, l’image redorée des conducteurs et conductrices de camion a sans aucun doute rejoint les gens, et dans le cadre de cet article, les jeunes dont l’industrie a besoin pour assurer sa stabilité et sa pérennité.

Dans le but de recruter de jeunes talents, un projet pilote avait été lancé en 2011, le Programme Enrichi d’Accès à la Conduite de Véhicules Lourds (PEACVL). Il permettait aux conducteurs de 17 ou 18 ans d’intégrer le camionnage avant l’âge légal d’obtenir une classe 1 et d’être parrainés par un transporteur.

Non seulement les jeunes pouvaient, par le biais du programme, suivre la formation en Transport par Camion, ils devaient également être parrainés par une entreprise de transport pour les aider à mieux intégrer le métier et comprendre la réalité de l’industrie.

Le projet pilote a connu un beau succès avant d’arriver à échéance en avril 2020.

« Une industrie comme la nôtre ne peut pas se priver de main d’œuvre, surtout des jeunes qui font le choix de devenir routier professionnel » déclare M. Boulé, directeur général de Camo-Route, qui a fait partie du comité directeur et assuré le suivi du PEACVL. « On ne peut pas leur dire, quand ils font ce choix, de revenir dans 5 ans en raison de leur âge. »

Le projet sera-t-il reconduit par la Société de l’Assurance Automobile du Québec?

« Pour nous, ça a été un projet extrêmement positif et l’industrie s’est aussi positionnée très favorablement », répond Bernard Boulé. « Le dossier est présentement entre les mains de la SAAQ, mais je suis confiant compte tenu de l’évaluation positive de l’expérience qu’il y ait pérennisation du projet. »

Les jeunes sont-ils prêts à devenir camionneurs, compromettons-nous la sécurité routière en leur ouvrant la porte? C’est la question que se pose bon nombre de gens, et Jean Drolet avait bien répondu à la question lors d’un entretien à RCI, alors qu’il était directeur des ressources humaines chez Groupe Robert.

« Il n’y a pas de corrélation, je n’ai pas plus d’accidents chez les jeunes que chez les plus vieux. Pour le Groupe Robert, c’est important que ce programme puisse exister. C’est à cet âge-là que le jeune va s’impliquer dans le camionnage. »
« Nous avons fait la démonstration que c’est faisable, que personne n’est mis à risque avec le projet pilote et qu’il permet d’avoir de la main d’œuvre compétente », explique M. Boulé. « Il permet la concomitance et la diplomation des jeunes, il y a beaucoup d’éléments positifs autour du programme. »

Dans le contexte de la crise sanitaire, il est plus difficile de prédire quand la SAAQ fera entendre sa décision concernant la reconduction du PEACVL, mais il est fort probable qu’elle communique sa décision dans les prochains mois.

« Nous devrions avoir, dans les prochains, une indication claire de l’orientation du projet », conclut M. Boulé.

Quoi qu’il en soit, il est important de noter qu’il y a eu prolongation pour que les jeunes conducteurs et conductrices qui suivent actuellement la formation puissent se rendre au bout du programme et être diplômé.

Le Québec est la seule province où les jeunes n’ont pas le droit de conduire un véhicule lourd à 18 ans, ceux-ci étant obligés de cumuler 36 mois d’expérience avec une classe 5 pour accéder à la formation.

Pour écouter le podcast, cliquez ici!

Ann Sophie Jacob, rédactrice en chef