États-Unis | L’industrie du camionnage examine de près l’impact sur ses activités des émeutes et des pillages ayant lieu dans plusieurs grandes villes américaines, à la suite du décès de Floyd. Plusieurs manifestations se sont tenues contre la brutalité policière, compliquant le transport routier et mettant à risque des camionneurs.

Une interaction a fait les manchettes ce weekend lorsqu’un camion-citerne qui circulait sur l’Interstate 35 à Minneapolis a délibérément continué sa route parmi un groupe de manifestants sur un pont, qui marchait pacifiquement selon les autorités policières.

« Le chauffeur du camion a été blessé et conduit à l’hôpital avec des blessures ne mettant pas sa vie en danger. Il est en état d’arrestation. Il ne semble pas que des manifestants aient été heurtés par le camion », ont déclaré les patrouilleurs de l’État du Minnesota sur Twitter.

Le camionneur a été identifié comme étant Bogdan Vechirko. Il a été traîné hors du camion par des manifestants qui l’auraient ensuite frappé.

La menace potentielle pour les routiers est claire pour ceux qui se souviennent des événements de 1992 et de l’attaque contre le chauffeur Reginald Denny. Denny a été expulsé de la cabine de son camion à Los Angeles lorsque des émeutes ont commencé à la suite de l’acquittement de policiers qui avaient été accusés d’avoir agressé Rodney King lors d’une précédente arrestation. Denny souffre de blessures débilitantes à vie à la suite de l’attaque.

Il y a eu un décès lié au camionnage à Saint-Louis dans le Missouri, lorsqu’un manifestant a été traîné par un camion Fedex. Selon les informations, le camion se trouvait sur l’Interstate 70 lorsqu’il a été contraint de quitter la route. Mais, une fois dans les rues de la ville, il s’est retrouvé entouré de manifestants qui l’ont forcé à s’immobiliser.

Le rapport des autorités policières indique que deux manifestants sont montés sur le marchepied du tracteur et ont pointé un pistolet sur le conducteur. D’autres avaient déjà commencé à essayer de piller une partie de la marchandise dans les remorques. Le camionneur a commencé à reculer, il a renversé et tué un homme qui se trouvait entre les deux remorques.

Alors que des groupes de routiers américains refusent de charger et livrer dans les zones à risque d’émeute, d’autres mettent en garde la population en partageant sur les réseaux sociaux une lettre qui va comme suit :

(Extrait, traduit de l’anglais) « Le camionneur américain ne sera pas retenu en otage, menacé, volé ou tué. Nous ne serons pas une victime. Nous ne serons pas la version de Reginald Denny de cette génération. Chaque conducteur connaît ce nom. Le connaissez-vous?

Menacer, retarder, tenter d’arrêter un camion, nous… Les camionneurs américains considéreront cela comme une attaque contre nos vies. Nous nous défendrons, notre équipement et notre cargaison.

Si votre ville devient trop chaotique et violente. Cela devient trop dangereux pour nous… La nouvelle se répandra très rapidement parmi les 3,5 millions de camionneurs. Nous arrêterons de livrer dans votre ville. Point. Aucun chauffeur ne voyagera dans une ville qui nous rappelle les scènes du film “Mad Max”.

Menacez un chauffeur de camion américain pendant qu’il travaille et cela vous mènera, vous et votre ville, sur un chemin où VOUS PERDREZ. »

D’autres véhicules ont tenté de circuler dans les foules malgré la présence des manifestants durant le weekend, au travers le pays, suscitant du mécontentement et de la violence. Des gens ont même été frappés par des voitures.

En raison des manifestations, des fermetures ont été signalées dans tout le pays. La 630 à Little Rock, Arkansas, a été fermée pendant plusieurs heures. Memphis a également signalé des fermetures d’autoroutes. La 101 à San Jose a été fermée en raison des manifestations. Les bretelles d’accès au centre-ville de l’autoroute 90 ont été fermées à Cleveland et Columbus, Ohio.

Des couvre-feux ont été imposés dans 25 villes de 16 états différents, notamment Minneapolis, Los Angeles, Miami, Atlanta, Chicago, Philadelphie, Pittsburgh… De manière générale, le couvre-feu n’exige pas la fermeture des entreprises, mais cela signifie que le public ne doit pas se déplacer vers et depuis des entreprises comme des restaurants ou des détaillants. Les gens peuvent se déplacer dans le cadre de leur travail.