Telus, qui avait précédemment évoqué son intention de travailler avec Huawei, a déclaré mardi qu’elle se tournerait vers Nokia et Ericsson pour construire ses réseaux 5G, sans toutefois mentionner le nom de la société chinoise.

BCE Inc. (parent de Bell) et Telus Corp. utiliseront toutes deux l’équipement des fabricants scandinaves de composants Nokia et Ericsson pour construire leurs réseaux 5G de nouvelle génération au Canada.

Ericsson serait donc la deuxième entreprise que Bell autorisera sur son réseau, avec le fournisseur finlandais Nokia.

Huawei ne figure pas sur la liste des fournisseurs. Le nom de la société s’est fait connaître au Canada alors que la vice-présidente et directrice financière de Huawei Meng Wangzhou s’est fait arrêter à l’aéroport de Vancouver il y a deux ans, à la demande des autorités américaines.

Une crainte s’est installée au sein de plusieurs gouvernements sur une échelle internationale vis-à-vis la société chinoise qui, selon eux, pourrait utiliser le réseau 5G pour faire de l’espionnage. D’ailleurs, les États-Unis et l’Australie ont interdit aux entreprises de télécommunications de leurs territoires d’utiliser des composants Huawei dans leurs réseaux 5G.

De leur côté, les autorités canadiennes envisagent actuellement d’autoriser Huawei à participer aux réseaux canadiens. Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, a déclaré à CBC News que le gouvernement “tient compte de tous les facteurs de sécurité, y compris ceux de nos alliés et de nos agences de sécurité. Nous veillerons à ce que nos réseaux soient sécurisés et prendrons les décisions appropriées en temps voulu.”

Les nouvelles de mardi montrent que l’industrie de la télécommunication au Canada n’attend pas cette décision de toute façon pour se positionner et aller de l’avant dans le déploiement du 5G.

Patrick Horan, gestionnaire chez Agilith Capital, a déclaré que le statut épineux de Huawei auprès des gouvernements hors de Chine a été un facteur dans la décision de Bell.

« Bell a probablement examiné leur capacité à obtenir des contrats de télécommunications du gouvernement américain avec des équipements Huawei dans leur réseau. Je suppose que ce serait un inconvénient pour eux. »

Rogers a un partenariat de longue date avec Ericsson sur ses réseaux sans fil existants et a annoncé en 2018 qu’elle utiliserait l’équipement Ericsson pour son réseau 5G, qu’elle a commencé à déployer à Toronto, Vancouver, Ottawa et Montréal plus tôt cette année.

Qu’est-ce que le 5G, devrais-je m’inquiéter?

La venue de le 5G permettra aux appareils et aux machines de communiquer plus directement entre eux. C’est une forme de technologie qui existe déjà : prenons par exemple le thermostat branché en Wifi, qui vous permet de régler le chauffage ou la climatisation de votre maison ou de votre chalet, même quand vous êtes ailleurs.

Avec le 4G, le temps de réponse est d’environ 50 millisecondes (un clin d’œil prend de 0,1 à 0,4 seconde!). Pour la transmission sans fil de données avec le 5G, il faudra encore moins de temps, environ une milliseconde, soit un millième de seconde.

Pour bien saisir l’importance de cette technologie pour le futur, imaginez que vous circulez sur l’autoroute dans votre voiture sans conducteur et qu’un accident se produit juste devant vous. Les capteurs 5G le long de la route transmettraient instantanément cette information à votre voiture, qui la communiquerait à la voiture derrière vous et ainsi de suite, alertant chaque voiture du danger et évitant potentiellement un autre accident ou un carambolage.

Le 5G offrira un débit beaucoup plus élevé que le 4G actuel, avec un accès plus rapide aux contenus et la possibilité de faire circuler des milliards de données sans engorgement.

Pour augmenter le volume de données, le 5G utilisera une bande de fréquences plus haute que la téléphonie mobile actuelle : à partir de 3,4 gigahertz (GHz) d’abord puis, à terme, au-dessus de 26 GHz.

Mais plus la fréquence est haute, plus la portée des ondes est courte. C’est pourquoi le déploiement des réseaux 5G nécessitera d’augmenter le nombre d’antennes, une perspective qui inquiète plusieurs personnes.

« Malgré de nombreuses recherches, rien n’indique pour l’instant que l’exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité, soit dangereuse pour la santé humaine », souligne l’OMS. (La Presse)

Néanmoins, certaines études évoquent « une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables », rappelle l’Anses.

C’est pourquoi le CIRC, l’agence de l’OMS spécialisée dans le cancer, a classé en 2011 les radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme », en recommandant les kits mains libres pour les portables.

Par ailleurs, des études ont montré l’existence d’effets biologiques sur certains paramètres très spécifiques, comme le sommeil ou la tension. Mais, et ce point est important, effet biologique ne veut pas forcément dire effet sanitaire, c’est-à-dire danger pour la santé. Il peut y avoir un effet biologique sans que celui-ci ne porte atteinte à la santé.

 

Source : La Presse, Science et innovation du gouvernement du Canada, CBC news.