Dans le contexte de la crise de la Covid-19, Camo-Route comme comité sectoriel souhaite être en mesure d’avoir des données les plus actuelles possible sur comment se vit la situation présentement dans le secteur du transport routier et quels sont les impacts sur la main d’œuvre, pour le transport de personnes et de marchandises.

« Cela va nous aider également à nous projeter dans l’avenir, quelles sont les difficultés en lien avec la relance des activités et l’implantation des différentes mesures sanitaires requises pour assurer la santé de tous », explique M. Boulé. « C’est un sondage extrêmement important pour nous parce qu’actuellement, il n’y en a pas qui sont réalisés spécifiquement pour le secteur du transport routier. »

Selon M. Boulé, il est encore tôt pour connaître quelle sera l’ampleur des impacts au niveau économique des entreprises, qui peut varier selon les différents secteurs d’activités.

Par exemple, la crise a débuté à la mi-mars pendant la période de dégel. Pour le transport en vrac, la période d’arrêt s’est lancée à un moment généralement moins actif. Toutefois, les chantiers n’ont pas pu reprendre, il y a eu des délais.

Maintenant, la construction a repris et le transport en vrac peut reprendre ses activités avec plus de vigueur, mais ce n’est pas le même tableau pour tous les autres secteurs d’activités. Notamment, le transport transfrontalier, où le volume d’activités a été affecté entre le Canada, les États-Unis et les provinces…

Les entreprises de messageries et de livraisons de colis ont quant à eux connu une activité exponentielle. Le transport réfrigéré aurait aussi gardé une bonne cadence.

« Très clairement, avec les données de Statistiques Canada, nous constatons une très importante baisse d’emplois, donc nous pouvons en déduire une importante baisse d’activités dans le transport en général », explique M. Boulé.

Selon Statistiques Canada, en comparant les données du mois d’avril 2019 et 2020 dans l’industrie du transport (routier, aérien, etc.), ce sont près de 30,000 emplois sur un total de 230,000 emplois, qui ont été affectés par la crise.

« Le comportement des consommateurs va avoir un grand rôle à jouer dans la reprise économique du camionnage. Nous avons hâte que le niveau de confiance de la reprise des activités se manifeste dans l’économie et que le transport reprenne. »

Le sondage vise à mieux comprendre les enjeux de la Covid-19 dans le camionnage pour mieux soutenir les entreprises. Camo-Route veut connaître les difficultés et les priorités des transporteurs afin d’en faire la représentation auprès de la Commission des Partenaires du Marché du Travail pour aller chercher des ressources et développer des projets qui vont correspondre aux besoins des entreprises du transport et de leur main d’œuvre.

C’est le cas, entre autres, pour le programme de formation en entretien préventif pour les mécaniciens qui se donne en présentiel. Avec le confinement, les centres ne sont plus en mesure d’offrir cette formation, donc Camo-Route a obtenu une subvention du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité Sociale pour l’adapter et la rendre disponible en ligne.

« Je pense que nous devrons réinventer notre façon de faire des apprentissages », déclare M. Boulé. « Les gens, de façon autonome et avec les technologies que nous connaissons, peuvent faire de la formation à distance. La demande pour ce type de formation est en forte croissance. Dans un contexte où nous ne pouvons pas nous déplacer, nous pouvons continuer à développer nos compétences quand même. Ce pourrait être la grande nouveauté à partir de l’automne. »

Les formations en ligne pourraient également bénéficier aux gens qui habitent en région.

« Au travers les impacts de la crise, nous essayons de voir quelles sont les solutions pour la main d’œuvre, pour les entreprises. Avec nos partenaires, nous travaillons très fort pour sortir gagnants et le sondage nous guidera pour cibler les bonnes priorités et répondre aux besoins. »

Vous avez une entreprise de transport? Répondez au sondage ici!

Écoutez le podcast ici.

 

Ann Sophie Jacob, rédactrice en chef